Pourquoi ce site?
Nous aimons le foot, les sorties entre potes, un bon film à la télévision, les soldes de janvier… Tout ça est évidement important.
Mais n’est-il pas aussi essentiel d’avoir une opinion, d’essayer de comprendre, de défendre, de s’informer sur NOTRE monde ?
Nous avons la désagréable impression que beaucoup d’entre nous ne s’intéressent que peu à ce qu’il se passe sur notre planète.
Le but de ce site est tout simplement d’essayer d’informer NOTRE GENERATION sur des sujets que nous estimons majeurs et qui sont malheureusement TROP souvent peu évoqués par les médias.
Sans prétention, nous allons donc nous renseigner, travailler ensemble et rédiger de courts articles, des résumés, illustrés de photos et vidéos.
Nous nous adressons donc à notre génération en espérant vous intéresser et vous motiver à consacrer plus de temps à l’état de notre monde.
Au nom de toute l’équipe de « SECOUONS NOUS » je vous souhaite la bienvenue sur ce blog.
Bertrand Vandeloise
Philosophie de nos articles
Nous avons la prétention de relater objectivement les faits, nous n'avons pas la prétention d'être objectif dans nos opinions.
Nous serons systématiquement du coté de l'être humain.

les Migrants de Calais octobre/novembre 2009

Voici un petit résumé de mes dernières visites à Calais depuis la destruction de la fameuse « Jungle » des Afghans de Calais en septembre dernier. La situation n’a pas évolué, il ne reste que 300 ou 400 migrants à Calais, les autres s’étant dispersés sur la côte nord (Dunkerque, Loon-Plage, Ostende…) et même parfois à Paris. La situation de ces jeunes personnes est toujours aussi dégradante et pitoyable. Certain migrants trouvent refuge sous les ponts de Calais, d’autres se sont encore écartés du centre et sont donc la proie des passeurs qui peuvent sévirent encore plus facilement qu’avant. Toujours aucun passeur n’a été interpellé. En octobre dernier, 3 Afghans ont été renvoyés en Charter à destination de Kaboul.

J’ai rencontré de nouvelles personnes de nationalités différentes, dont un groupe d’Iraniens très sympathiques de mon âge (20-25 ans). Ils étaient tous universitaires en Iran et sont très cultivés et parfait bilingues.
« En Iran tu bois un verre d’alcool et tu risques 6 mois de prison, tu tiens la main de ta copine dans la rue et tu risques 2 mois de prison, tu manifestes contre le gouvernement ou le critique, tu risques ta vie. Nous voulons vivre et surtout être libre, mais chez nous c’est impossible ». Un des jeunes du groupe m’a montré une vidéo filmée d’un téléphone portable. Sur cette vidéo on peut voir la police attacher des étudiants les mains dans le dos puis les lancer du toit d’une école (environ 15-20 mètres de hauteur) ; apparemment ces jeunes universitaires manifestaient contre le gouvernement en place. Ces Iraniens avaient tellement peur des représailles, que même à Calais ils n’ont pas accepté que je les photographies… voici la réalité Iranienne.

Une autre rencontre m’a beaucoup touché, celle de Dawoud. Il a 20 ans et vient de Côte d’ivoire. J’étais entrain de parler avec quelques Iraniens et j’ai vu que Dawoud nous observait, c’était au moment de la distribution du repas par l’aide humanitaire, il y avait de nombreux migrants mais Dawoud était seul. Je suis allé vers lui pour lui lancer un « How Are you ? » et directement il m’a répondu très enthousiaste et avec un bon français « je vais bien et toi tu vas bien? ». J’ai vraiment senti la solitude chez Dawoud (le seul Ivoirien de Calais), nous avons longuement parlé, de religion, de lui, de moi, de la raison pour laquelle il était à Calais. Dawoud m’a expliqué que son pays est gouverné par un dictateur qui n’a pour seul but que de s’enrichir.
« Ma famille avait une station service dans laquelle nous travaillions tous. Un soir les rebelles sont arrivés au village, ils ont mit le feu à la station service, notre maison était collée à la station et mon grand frère n’a pas eu le temps de sortir. Il est mort dans les flammes. Le lendemain j’ai décidé que j’allais partir. Mais maintenant je ne sais plus quoi faire, ici je suis mal, j’ai froid et la police est très violente avec moi. J’ai déjà été arrêté 5 fois en une semaine, j’ai du aller dans une prison alors que je n’y avais jamais été de ma vie ; je ne comprends pas pourquoi je dois aller en prison. Mon petit frère voudrait lui aussi venir en Europe mais je lui ai déconseillé, on verra plus tard si je trouve un travail ».

J’ai également revu ces trois jeunes afghans que j’avais pu rencontrer le soir de leur arrivée. Ils étaient terrifiés, étaient arrivés seul d’Afghanistan à 9 ans, 10 ans et 12 ans. Je me demande vraiment comment le gouvernement français peut-il laisser des enfants aussi jeunes dans ces conditions inhumaines. A l’heure où je termine ce texte (17nov 19h57) j’apprends que les camps de loon plage et de Dunkerque viennent d’être complètement détruits, alors qu’il drache et que les températures ne dépassent pas 10 degrés. Mais, aujourd’hui, n’est ce pas la journée mondiale de lutte contre la misère?

FELICITATION Monsieur Besson, vous êtes un grand homme.

Destruction de la "jungle" de Calais - Migrants de Calais septembre 2009

Vous avez sans doute pu le voir ou l'entendre dans la presse ce mardi 21 septembre, la fameuse « jungle » de Calais à été détruite. Pour ceux qui l’ignorent, la « jungle » était le plus grand camp de migrants d'Europe, elle accueillait entre 300 et 800 Afghans selon les saisons.
C'est vrai, l'endroit était insalubre et des camps de ce genre ne devraient pas avoir leur place en Europe. Mais, à chaque fois que je m'y suis rendu, j'y ai trouvé beaucoup de chaleur humaine, une générosité et une envie de vivre que je n'ai vu nul part ailleurs. Le jour, les plus croyants se rendaient à la mosquée qu'ils avaient effigiée au milieu de la plaine. Certains s'essayaient au criquet, d'autres discutaient autour d'un thé et l'odeur du feu de bois parfumait les allées. La nuit, une seule idée, traverser la Manche pour rejoindre l'Angleterre.

Hier, je me suis rendu à Calais et la « jungle » des afghans a en effet été rasée. Les arbres, les cabanes, les fourrés, tout y est passé, il ne reste qu'un paysage lunaire où un bulldozer charge le dernier camion.

Le but de cette décision, prise par le gouvernement français, plus particulièrement par monsieur Besson Ministre de l'immigration, était apparemment d'arrêter les filières de passeurs. Besson a répété plusieurs fois que la cible n'était pas les migrants.
Je me demande pourquoi alors aucun passeur n'a été interpellé tandis que 273 migrants ont été arrêtés. Lors de ma visite à Calais j'ai pu poser quelques questions à un CRS qui m'a clairement dit qu'il ne connaissait pas la suite du programme et que de toute façon, il était impossible d'arrêter tous les migrants de Calais car il en arrivait tous les jours. Ce qui renforce ma théorie, le ministre de l'immigration n'a aucun plan, aucune solution, il voulait juste marquer le coup et donner l'impression que son dossier avance. En tant qu’européen, je me demande comment une personne aussi incompétente peut être placée à un tel poste. Sans vouloir lui jeter la pierre, je suis allé une dizaine de fois à Calais et j'ai l'impression de connaître son dossier deux fois mieux que lui.

Lors de cette journée, nous avons rencontré de nouveaux migrants, plusieurs Iraniens sont arrivés, obligés de fuir leur pays à cause de leurs idées politiques (élection Ahmadinejad). Nous avons également du rassurer et répondre aux questions de nombreux migrants palestiniens, égyptiens et africains qui s'inquiétaient sur leur sort.
A la fin de la journée, nous avons même rencontré un petit afghan de 9 ans qui venait d'arriver à Calais et qui avait l'air complètement perdu. Que répondre à un enfant de 9 ans qui vient de faire 8000 kilomètres à pied et qui demande pourquoi les européens ne l’aiment pas?

Je terminerai cet article par une autre question que je me pose souvent. « Quand nous aurons fini de vouloir trop nous enrichir et que la moitié de l'orient et de l'Afrique sera au porte de l'Europe car ils n'auront plus rien pour vivre, que ferons-nous?

Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com


A deux pas de chez vous, le saviez-vous?

Début du mois, Paviani a eu l'occasion de se rendre dans le centre de Bruxelles, un endroit que tous le monde connait. Voici le résumé ainsi que quelques photos de sa journée.
Après avoir lu dans les journaux que 350 sans-papiers étaient en grève de la faim dans un bâtiment de Fortis près de la gare du Nord, je décide d'y aller afin de me rendre compte de la situation. A l'entrée du bâtiment, ce qui sert de porte est fermé par une chaîne, il faut montrer patte blanche, une fois que j'ai décliné mes intentions la porte s'ouvre.
Un responsable me reçoit et me fait visiter le bâtiment, là je rencontre les grévistes de la faim; pour la grand majorité ils proviennent du sous continent indien (Pakistan, Inde et Bangladesh), les autres sont originaire d'Afrique du Nord ou du Kurdistan. Ils sont réparti par étage et par chambre en fonction de leur pays d'origine, j'en compte entre 3 et 20 dans chaque bureau transformé en chambre d'infortune. A l'intérieur du bâtiment tout semble bien organisé, il y à un responsable pour tout le bâtiment et 2 assistants, un responsable sécurité à chacun des 6 étages. Les chambres ont été plus ou moins nettoyées, par contre les sanitaires ont l'air en mauvais état. Par endroits des carreaux sont brisés, ont m'explique que des gens les ont attaqués en lançant des pierres...
Je suis assez étonnés car ils parlent presque tous le français, ce qui semble démontrer qu'ils sont en Belgique depuis plusieurs années. Leurs revendication est simple, ils demandent des papiers car ils en ont marre de vivre en pleine illégalité et dans des conditions précaires. Ils me racontent tous plus ou moins la même histoire "Je suis en Belgique depuis 5 ou 6 ans et je travaillait dans une boulangerie, dans la construction ou dans l'horeca pour un salaire de misère." Par moment j'ai l'impression qu'ils sont eu un média training. Quelques uns déambulent dans le couloir mais la grande majorité est sur son matelas en train d'essayer de dormir, des bouteilles d'eau sont entreposées dans toutes les chambres, pas de nourritures en vue. Certains ont l'air mal en point, le 100 est déjà venu en chercher plusieurs, ils me montrent leurs médicaments contre les douleurs à l'estomac et des prescriptions médicales.
Ils m'expliquent qu'ils ont peur car ils sont parfois attaqués, par contre la police leur rend une visite quotidienne et les relations semblent bonnes. A travers la fenêtre j'aperçois que les sans papiers qui sont devant le bâtiment portent tous un gilet fluo, pour que la police puisse les reconnaître me dit-on. .
Ils ont l'air déterminés à lutter jusqu'au bout pour avoir leurs papiers.
Texte + Photos: Paviani

les CRS à Calais

On m’a souvent parlé du comportement des CRS envers les migrants de Calais.
Vendredi passé, j’ai pu constater cette honte de mes propres yeux.
Nous avions fait connaissance avec une quinzaine de palestiniens qui logent dans les traditionnelles cabanes de palettes sur le quai le long du port.
Sur ce même quai résident également des soudanais, des somaliens, des érythréens et des égyptiens.
Ils nous ont d’abord invités à prendre le thé en guise de bienvenue, ensuite à partager leur repas. Khaled était occupé à cuire le poisson que des pécheurs leur avaient bien gentiment offert, tandis que Mohamed et un autre préparaient le riz. L’ambiance était détendue et nous discutions avec nos nouveaux amis, très heureux de nous recevoir, depuis plus de deux heures.

Quand le premier CRS arriva matraque à la main en courant, la plupart des palestiniens prirent leurs jambes à leur coup. Seuls les cuisiniers restèrent prés des cabanes.
En quelques secondes, une chasse aux migrants avait débuté.
Imaginez-vous un instant ; un CRS avec une matraque d’un mètre de long à la main entrain de courir après un gamin de 17 ans en criant « STOP BEN LADEN ».
De l’autre coté un CRS frappait dans le vide à quelques centimètres du nez d’un Soudanais effrayé en hurlant « ASSIS », comme on l’aurait fait avec un chien s’il avait volé un morceau de viande.
Après 15 minutes de cavales, les fameux CRS avaient arrêtés 3 personnes. De ces 3 personnes, ils en embarquèrent 2 que je revis 3heures plu tard rentrer à pied complètement épuisés. Ils avaient été déposés à plusieurs kilomètres de l’endroit.
Les CRS ne nous ont pas tout de suite remarqués, quand ils nous ont vus ils ont eu l’air d’hésiter un moment à venir nous interpellés mais ne l’ont pas fait.
Quand ils sont partis nous avons pu manger le repas ensemble, et nos amis palestiniens nous ont expliqué « C’est notre quotidien, ils viennent entre 2 et 4 fois par jours et presque chaque nuit, nous sommes épuisés car nous ne dormons presque plus. Nous ne comprenons pas pourquoi ils s’acharnent sur nous, s’ils venaient en ami ils seraient reçu avec le thé».
Je tiens absolument à préciser que ces jeunes n’avaient commis aucun délit, aucun crimes, aucun vole, rien !
Ils sont à Calais car ils rêvent d’un AVENIR meilleur, de fonder une famille, de trouver un travail, à des PROJETS de vie.

Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com

Info Calais fin Avril 2009

Depuis plus d’un mois, je me rends régulièrement à Calais pour rencontrer les migrants, leur apporter un peu de chaleur et mieux comprendre leur situation.

A chaque fois j’ai des surprises, parfois agréables, souvent décevantes.

Je me suis lié d’amitié avec plusieurs personnes; le petit groupe de jeunes Afghans rencontrés lors de ma première journée, un Égyptiens aussi, beaucoup d’autres liens se sont créés. Je suis toujours accueilli avec une gentillesse incroyable, invité à boire le thé, parfois à manger avec eux.

Dans le lot de mauvaises surprises, il y a la destruction des terrains et cabanes de migrants par les forces de l’ordre. Je peux également évoquer la présence d’un chef et de nombreux passeurs dans la « jungle » des Afghans, ils détestent notre présence et nous le font savoir. Ils nous ont entre-autre menacés et surtout agressé nos amis afghans.

Il y a toujours entre 800 et 1000 migrants à Calais, Afghans, Érythréens, Somaliens, Irakiens et Soudanais pour la plupart. A chacun de mes voyages, je pars avec une dizaine de grands sacs remplis de vêtements et couvertures. Ils leur permettent de se tenir au chaud d’abord, mais aussi, et c’est très important, de leur apporter un soutien et une chaleur humaine dont ils ont grandement besoin.

Mardi 21 Avril, le gouvernement français à lancé une vaste opération avec plus de 300 CRS. 196 arrestations ! Un périmètre de sécurité avait été déployé autour de la « Jungle » l’endroit ou vivent entre 3 et 400 Afghans. Il était interdit à la presse de prendre des photos et de filmer (je me demande pourquoi). Deux jours plus tard, plusieurs mesures ont été prises par le ministre français de l’immigration, Eric Besson. Notamment, la destruction totale avant la fin de cette année de l’endroit nommé « Jungle »; renforcer le nombre de CRS, augmenter le nombre d’interpellations, créer un dispositif mobile d’information sur l’aide au retour, ouvrir un point de distribution de repas, (géré par les associations), un point sanitaire, avec des douches, situés à la périphérie de la ville et un point pour les personnes vulnérables situé à plus de dix kilomètres du centre ville.

Je n’ai pas eu besoin d’aller à Calais plus d’une fois pour comprendre que les migrants n’avaient qu’une idée en tête : rejoindre l’Angleterre ! Que détruire un camp ne ferait en rien reculer leur détermination. J’estime que les mesures prises par Monsieur Besson ne poursuivent qu’un seul but : Qu’ils aillent ailleurs ! Ça ne réglera pas le problème des migrants, celui de la France non plus. On est loin d’une réelle volonté de politique européenne ! On à fait un grand pas dans la déshumanisation !

Pouvait-on attendre autre chose de ce gouvernement ? Je vous rappelle que c’est déjà son patron, le Président Sarkozi, alors ministre de l’intérieur qui a fait fermer le centre de Sangatte géré par la Croix Rouge.

Si vous avez des vêtements hommes (jeans, t-shirts, vestes, baskets), des couvertures, des bâches, des tentes, des conserves, des produits d’hygiènes, des bougies… Je me ferai un plaisir de les distribuer aux migrants. Ils ont besoin de notre soutien.

« Je rêve d’un monde ou je pourrai accueillir ces gens légalement chez moi de la même façon qu’ils m’accueillent dans leur camp ».

Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com

Article N°9 - Récit de ma première journée avec les migrants de Calais

Il est 7 heures, le jeudi 26 mars 2009, je prends la route pour Calais !
Ca fait longtemps que je désire m’y rendre. Je suis assez excité à l’idée de découvrir par moi-même la situation des « migrants de Calais » (Lire l’article « à deux heures de chez moi »). J’espère pouvoir mieux comprendre et me faire ma propre opinion sur ce qu’il s’y passe.
Je vous avoue, que sur la route, je ressens une certaine crainte, peut-être celle d’être confronté à la réalité calaisienne.
J’ai d’abord rendez-vous à Lille avec Cédric Domenjou (auteur du livre « Tomorrow England », un livre que je vous conseille si vous désirez mieux comprendre la situation des migrants dans le nord de la France et du site
http://noborders.over-blog.org/ destiné aux migrants) ainsi qu’avec Romain, un ami à lui. Nous passerons la journée ensemble !Il nous reste environ 15 km avant d’arriver sur place, quand nous croisons 7 ou 8 migrants longeant l’autoroute en direction de Calais; peut être arrivent-ils de leur pays ou peut être sont-ils montés dans un mauvais camion.
Arrivés à Calais, nous entrons directement dans un grand terrain vague où nous rencontrons un petit groupe de Tadjik (Le Tadjikistan est un pays d'Asie centrale. Il a des frontières avec l'Afghanistan, la Chine, le Kirghizstan et l'Ouzbékistan. C'est le seul État issu de l'ancienne Asie centrale soviétique à ne pas parler une langue turque, mais une langue iranienne, le tadjik.), nous discutons quelques minutes et très vite nous retournons prés de la voiture afin de leur donner des chaussures et des couvertures récoltées grâce au site.
Il est midi nous partons vers un lieu de distribution dans le centre ville où une grosse centaine d’Erythréens et afghans attendent à manger (différentes associations font midis et soirs des distributions de nourriture à Calais). Très vite nous repartons vers la Jungle (jungle : c’est le nom donné à l’endroit où les migrants vivent, parfois des bois, parfois des dunes, parfois juste un terrain vague). Nous arrivons dans un petit village fait de cabanes en palettes habitées par les Afghans Pachtoun (Groupe ethnique dominant de l'Afghanistan). Il doit bien y avoir 3 à 400 personnes qui résident dans ce lieu. Les conditions de vie y sont plus que précaires. Au centre, ils ont même construit une mosquée (lieu de culte pour les musulmans) en palette avec de grandes bâches bleues, entourées de petites fleurs. Nous sommes très vite accueillis et invités à boire le thé par 4 jeunes.
Après avoir enlevé nos chaussures, nous rentrons dans leur cabane qui doit faire 2,5 m de long par 1,5m de large et sur 1,2m de haut, le moindre petit trou est colmaté, il n’y a presque pas de courant d’air.
Il y a Mokhtar ,15 ans, Abdullahman qui vient d’avoir 17 ans, Hedayat qui a seulement 12 ans et un quatrième qui doit avoir 12 ou 13 ans.
Hedayat me fascine, il a encore l’innocence de l’enfance, il rit beaucoup, le genre de petit gars simple comme j’aime en rencontrer, qui n’attend pas que la vie lui fasse un cadeau pour sourire, qui ne demande qu’à vivre, rempli d’espoir de gentillesse et d’optimisme.Il a fait la route caché sous des camions jusqu’à Calais où il vit depuis 3 semaines.
Il nous raconte qu’il s’est fait arrêter il y a trois jours et que les CRS ont été dure avec lui mais qu’il ne s’est pas laissé faire. Il rajoute même en rigolant, car il sait que c’est ironique : « si vous me touchez encore je téléphone à l’UNICEF ».
Mokhtar qui nous serre un thé au lait (vraiment délicieux d’ailleurs), parle bien anglais, il a beaucoup d’humour et d’hospitalité. Il est un peu plus grand de taille et a l’air enchanté d’avoir des invités. Il me demande si la Belgique est belle, et me confie, les yeux remplis d’espoir, « J’aimerais venir en vacances en Belgique, plus tard, quand j’habiterai et travaillerai en Angleterre ».
Abdullahman, qui n’arrête pas de faire rire les autres en disant des bêtises, nous explique qu’il a été arrêté quelques jours auparavant lors d’une altercation avec les migrants africains et qu’il a un peu peur d’être renvoyé en Afghanistan la prochaine fois. Le dernier jeune ne parle presque pas, il vient d’arriver à Calais, les autres nous racontent qu’il a traversé la mer entre la Turquie et la Grèce sur un bateau gonflable, qu’ils étaient plusieurs et que le bateau à crevé. Ils ont été repêchés par les gardes côtes Grecs.
Nous restons assez longtemps avec eux à discuter et à rire. Je suis profondément touché par leur accueil et par leur histoire, une vrai leçon de vie ces petits gars là.
Avant de partir nous leur offrons des couvertures et des vêtements récoltés sur le site www.secouonsnous.com.
Nous décidons de visiter le camp, Mokhtar nous servira de guide. Nous nous baladons donc entre les cabanes des migrants, certains viennent nous parler, d’autres nous invitent à boire le thé, d’autres encore sont étonnés de nous voir ici. Nous nous arrêtons plusieurs fois pour discuter, un groupe nous invite même à manger avec une telle gentillesse qu’il nous est impossible de refuser.
Nous nous retrouvons ainsi dans la fameuse « JUNGLE » réputée dangereuse par la presse et par certaines personnes, à partager un poulet avec 5 ou 6 Afghans ainsi que notre hôte Mokhtar. Nous sommes un peu mal à l’aise de consommer le peu de nourriture qu’ils ont mais ils ont l’air très heureux de partager leur repas.Après les avoir remercié 100 fois, nous partons dans l’autre « JUNGLE », où vivent les Hazaras (les Hazaras sont un peuple d'origine
mongole parlant persan vivant dans le centre de l'Afghanistan). Nous discutons tranquillement le long d’un terrain de football avec quelques uns quand arrive un groupe de 3 ou 4 personnes, le visage caché, bien habillés et bien propres.
Le groupe s’arrête de parler, et n’a plus l’air très à l’aise, l’ambiance devient tendue tandis que l’un des gars questionne Mokhtar qui tente de justifier notre présence. Il explique que nous ne sommes pas journalistes, ni de la police, que nous sommes juste étudiants.
Un autre me fixe depuis quelques instants avec insistance.
A peine reparti, Mokhtar nous indique qu’il s’agit de passeurs.

Une demi-heure plus tard nous partons vers le squat des Erythréens. Une grande partie des africains vivent dans un grand bâtiment désaffecté. Le bâtiment est gardé et nous ne pourrons malheureusement pas rentrer. Nous devrons attendre la distribution de nourriture du soir, dans le port, pour avoir quelques contacts avec eux.
Quelques-uns vivent dans de petites cabanes de fortune le long du port, géographiquement, juste devant le « départ des bateaux » pour l’Angleterre. Nous leur offrons nos derniers vêtements, ils sont très contents même s’il ne nous reste plus grand-chose. Je parle pendant quelques minutes avec un jeunes Erythréen de 22 ans calme et très gentil. Il m’explique avoir quitté l’Erythrée, traversé le Soudan et la Libye à pied, puis la méditerranée dans une embarcation de fortune : « Je veux absolument rejoindre l’Angleterre, mes deux frères y vivent déjà et y sont heureux ».
21h, « Good luck for England my friends »
Je rentre en Belgique, 2 grosses heures de route, du temps pour faire le point sur cette journée. Je n’étais pas dans un camp de réfugiés au Tchad ou au Congo mais bien à CALAIS en FRANCE à quelques dizaines de kilomètres de la Belgique.
J’ai passé une très bonne journée avec des personnes pleines de force et de courage, des personnes souvent plus jeunes que moi, qui ont envie de vivre, envie de liberté, qui ont cru en notre Europe. Sur le chemin du retour je me sens complètement choqué, je ressens beaucoup de colère, de révolte. Je ne suis pas d’accord avec cette Europe ! La politique d’accueil, d’accord, on peut en discuter mais le manque d’humanité, jamais !
Je voudrais remercier Cédric et Romain pour cette journée et pour leurs précieuses explications, Mokhtar pour la visite du camp et pour son hospitalité, également Hedayat et les autres jeunes du camp pour la leçon de vie et de courage qu’ils m’ont donnée.
Un très grand merci aussi aux gens généreux qui m’ont permis d’offrir des couvertures et des vêtements chauds aux « migrants de Calais ».
Inutile de vous préciser que je compte y retourner très vite, et que j’ai besoin de vêtements chauds (pour homme : vestes, pulls, jeans, chaussures) et de couvertures, tentes et sacs de couchages.
Faites passer le message !
Si vous désirez vous impliquer d’une façon ou d’une autre, contactez-moi!
ILS COMPTENT SUR NOUS !!!!
Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com

L'humeur du jour

« On ne peut la résoudre le sida avec la distribution de préservatifs, au contraire, cela accroît le problème."

Voici les propos qu’adresse Benoit XVI, dans l’avion qui le conduit sur le continent le plus touché par le sida, à des populations très sensibles à ces paroles.

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer.
Après tout, ce ne sont pas les paroles d’un vieil homme ordinaire, illettré et peu concerné par l’état du monde. Ce sont ceux du chef de l’Eglise Catholique qui sait qu’il va être entendu, pis, qu’il va être écouté.
On croyait, après Jean-Paul II , que l’église allait bouger, se mettre en phase avec les réalités du monde, évoluer !
Benoit XVI, malheureusement est plutôt le garant de son traditionalisme, de son archaïsme (régresser, ancienneté) !

Pouvait-on espérer mieux de ce Pape qui après avoir insulté l’Islam, après la réhabilitation d’un prêtre négationniste, tient des propos choquants et outranciers (excessif) ! Ecœurant pour tous ceux qui se battent depuis des années pour faire évoluer des comportements ; ceux qui vivent la situation sur le terrain et agissent et pas ceux qui sont confortablement assis sur le « Saint Siège ».
Je me pose quand même des questions :

Est-ce normal qu’un homme aussi fermé représente une communauté de 2 milliards de personnes ?
J’aurais aimé également connaître quelles réactions, sanctions auraient été prises si un quelconque responsable, ministre de la sécurité routière expliquait, lors d’une interview télévisée, que le port du casque est inutile en moto ?

De deux choses l’une, ou bien nous avons affaire à quelqu’un qui n’a plus toute sa tête ou bien il le fait exprès. Dans les deux cas je pense que la situation est grave. Le Pape est entrain de radicaliser l’église et c’est dangereux, dangereux comme peut l’être n’importe quelle religion quand elle n’est pas modérée, quand elle ne fait plus passer la vie avant sa survie .

Article N°8 - L'anniversaire de Mugabe

Aujourd’hui, j’ai décidé de consacrer cet article au Zimbabwe, et plus précisément à l’anniversaire de son président très « démocratiquement élu », Robert Mugabe (21 février). D’habitude j’oublie 99% des anniversaires, mais là, je me dois de marqué le coup.

Avant de vous parler du programme des festivités, j’aimerais vous tirer le portrait de ce pays du sud de l’Afrique.

Le Zimbabwe est économiquement ruiné (plus d’écoles, plus d’hôpitaux) ; une épidémie de Choléra y fait rage depuis le mois d’août dernier; la moitié des 12 millions de Zimbabwéens sont susceptibles de contracter la maladie en raison de l'insalubrité et des conditions de vie ; plus de 7 millions de Zimbabwéen ont besoin d’une aide alimentaire urgente.

C’est dans ce climat que Monsieur Mugabe a le plaisir de fêter ses 85 ans.

Au programme : un gâteau de 85 kg, 250 000$ de dons (DONS = raquette des entreprises encore en place), plusieurs centaines de bouteilles de champagnes, plus de 160 animaux abattus pour le buffet, des milliers de boîtes de chocolats importées d’Europe.
(Le courrier international relate même : 8 000 homards, 100 kg de grosses crevettes, 4 000 portions de caviar, 8 000 boîtes de Ferrero Rocher,3 000 canards, ….)


Souhaitons un bon anniversaire à ce brave monsieur Mugabe, en espérant que ce soit le dernier !


Je voudrais encore ajouter que c’est dans ce contexte que le nouveau Premier Ministre, Morgan Tsvangirai, a lancé un appel à la communauté international pour rassembler 5 milliards de dollars d'aide et d'investissements pour reconstruire le pays.


Article réalisé et écrit par Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com

Article n°7 - A deux heures de chez moi

A150 kilomètres du centre de la Belgique, dans ce fameux Nord Pas de Calais, des centaines d’immigrés vivent dans les bois. J’ai bien dit « dans les bois » 3 palettes, un plastique en guise de toit, par des températures qui frôlent sans arrêt les zéros degré depuis 3 mois maintenant. Ils sont Afghans, Irakiens, Soudanais, Erythréens… (pays en guerre) ils ont entre 15 et 30 ans pour la plupart (souvent des jeunes hommes mais parfois des femmes et des enfants) et font des milliers de kilomètres à pied pour arriver jusque là.

Leur rêve : réussir à traverser la Manche pour se rendre en Angleterre.
Pourquoi l’Angleterre ? Car pour bon nombre d’entre eux ce pays c’est l’eldorado ; beaucoup de facilités pour recevoir des papiers Anglais, pour trouver un emploi même en étant clandestins. Il y a plus de respect dans le traitement des dossiers clandestins et puis il faut savoir qu’il y a déjà de grandes communautés africaines, du proche et du moyen orient au Royaume-Uni.
Ils arrivent donc par centaines à Calais, à Dunkerke, se réfugient dans les bois pour construire une cabane, et attendent cette fameuse nuit ou leur passeur les cachera sous un camion en direction de l’Angleterre. Le passeur leur prendra bien sur toute leur économie et de nombreux clandestins se feront attraper par les autorités, ou passer à tabac par les camionneurs. Il y a quelques années il y avait un centre à « Sangatte » où ils étaient reçus en tant qu’humains, logés, soignés et nourris. Centre fermé en 2002 par le programme du Ministre de l'intérieur Français de cette époque dont vous devinerez facilement le nom je pense. Leur calvaire ne s’arrête malheureusement pas là puisqu’ils sont pourchassés par la police : il y a régulièrement des descentes de police dans ces bois (parfois 3 fois sur la même journée avec plus de 80 CRS), les cabanes sont bêtement détruites et les immigrés relâchés la nuit à 30 kilomètres de là. Parfois les CRS les numérotent même comme du bétail.

Je me pose souvent la question : Comment est ce possible que cela se passe à moins de deux heures de route de chez moi ? Dans un pays qui dit respecter les droits de l’homme ? Pourquoi des jeunes du même âge que moi dont le seul crime est d’être né dans un pays pié et en guerre sont traités de la sorte ? Pourquoi n’est-ce presque pas médiatisé ?

IMPORTANT: Si vous êtes touchés par cet article, je vous invite à rassembler couvertures, sacs de couchage, tentes, bâches, et boites de conserves et à prendre contact avec moi bertrandvandeloise@gmail.com . Je me rendrai bientôt là-bas et un petit geste de la part de la jeunesse Belge ne serait pas de trop.


Je vous invite à regarder la video qui suit pour mieux comprendre le problème, j'ai également mis les liens de deux associations très actives sur Calais.




Liens :
http://csur62.com/
http://www.associationsalam.org/

Article réalisé et écrit par Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com

Article n°6 - les Hmong

Bonjour, il y a quelques jours, la télévision Belge ( RTBF - carnet du bourlingueur ) diffusait un reportage choquant ( une partie du reportage seulement) sur un peuple du Laos pourchassé pour avoir aidé la France et l'Amérique durant la guerre d'Indochine et du Vietnam: LES HMONG.

J'ai décidé de publier ce reportage en intégralité, il dure 30 minutes mais mérite vraiment d'être vu par le plus grand nombre. Je vous invite donc à le faire circuler un maximum. MERCI


Résumé

Pendant la guerre du Vietnam, les Etats-Unis ont recruté les Hmongs pour combattre les Vietnamiens du Nord au Laos. Cette « armée secrète » sous les ordres de la CIA servait à récupérer les pilotes américains descendus en survolant la jungle et à intercepter les mouvements de troupes le long de la piste Ho Chi Minh. Ces supplétifs connus pour leur efficacité à se déplacer en milieu hostile (jungle et montagne) avaient déjà été employés par les français lors de la guerre d’Indochine 20 ans plus tôt.
Lorsque les Américains se sont retirés du Vietnam en 1975, ils ont également fermé les camps d’entraînement et suspendu toute aide militaire et financière envers le Laos et les Hmongs.

Le parti communiste laotien du Pathet a finalement repris le contrôle du pays et les survivants Hmongs furent alors considérés comme une menace et persécutés.
Pour échapper aux camps de rééducation ou à la réinstallation forcée dans les plaines - où vivent aujourd'hui la grande majorité des 350 000 Hmongs du Laos - les soldats démobilisés de l' « armée secrète » prennent le maquis. Ils sont plusieurs dizaines de milliers à faire de la région du mont Phu Bia, massif de jungle infesté d'esprits et de légendes, leur fief. Ils leur restent alors le stock d’arme laissé par les américains pour résister à l’avancée des communistes.

Officiellement, la guerre secrète du Laos s’est terminée la même année que la guerre du Vietnam…1975, mais aujourd'hui, la réalité est bien différente.
Se cachant dans les montagnes et survivant tant bien que mal en se nourrissant de racines, les derniers rescapés de cette armée oubliée et leurs familles continuent de se battre pour leur survie en ce moment même.
Les dirigeants de la république populaire du Laos, avaient prévu d’exterminer les vétérans de la guerre secrète et leurs familles avant la fin du mois d’Octobre 2002. Ils ont presque atteint leur but…

Pour les rencontrer il faut se déplacer clandestinement au Laos, marcher une petite semaine à travers la jungle en passant des dizaines de cols à plus de 1500 mètres en évitant les patrouilles de l’armée. Depuis trente ans seule une poignée d’occidentaux a réussi à les rencontrer.

Article n°5 - nouvelles de juillet

Bonjour,

Pour commencer, veuillez nous excuser pour le peu d’articles que nous publierons durant les vacances, mais rassurez vous, dès septembre, c’est reparti.

Les projets d’articles ne manquent malheureusement pas !
Nous avons ainsi décidé, pour suivre l’actualité, de remettre en avant l’article sur le Darfour.

DARFOUR
Vous avez sans doute pu l’entendre, le 14 juillet dernier, le procureur de la cour pénale internationale a demandé d’émettre un mandat d’arrêt international à charge d’Omar El-Béchir (président Soudanais) pour Génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour. Malgré les horreurs planifiées par le président El-Béchir durant ces dernières années il pourrait de ne pas être inquiété. Le président n’a pas hésité à nier ces accusations et les a qualifiées de « mensongères ». Mercredi 23 juillet El Béchir s’est rendu au Darfour où il aurait arboré un large sourire et même dansé devant ses partisans lors d’un discours sous haute surveillance. Ce vendredi 25 juillet, El Béchir est même allé plus loin, en menaçant ouvertement de faire évacué les soldats de la force de paix ONU-Union africaine (Minuad) du Darfour si un mandat d’arrêt international était lancer à son égard.
Aujourd’hui les juges n’ont pas encore rendu leur décision. Affaire à suivre !
(Article que ce passe-t-il au Darfour ici)

ZIMBABWE
Autre fait de l’actualité, le Zimbabwe, ou Robert Mugabe président sortant refuse, malgré sa défaite au premier tour de laisser sa place. Rappelons quand 2005 Robert Mugabe remporte les élections législatives sur fond de violence et de fraude. Durant 3 années il fait preuve de violence envers les partisans de l’opposition, et fait voter les lois en sa faveur.
Ce 3 Mai 2008 Morgan Tsvangirai, candidat de l’opposition, gagne les élections mais Mugabe conteste, un second tour est programmé. Lors de la campagne du second tour le pays est le théâtre de violences politiques continues marquées par des atrocités commises par la police d’État contre des membres de l’opposition et leur famille mais aussi par l’arrestation de ses principaux chefs.
Nous parlons d’intimidation, de torture, de meurtres
Craignant pour ses partisans Morgan Tsvangirai se retire à 5 jours du deuxième tour laissant la place à Mugabe. Voici une partie de son discours « Nous, le MDC (mouvement pour le changement démocratique), nous ne pouvons pas demander à nos partisans de voter le 27 juin en sachant que voter pourrait leur coûter la vie. Nous avons décidé que nous ne participerons plus à cette simulation de processus électoral, violente et illégitime. Nous ne jouerons pas le jeu de Mugabe. »

Voici quelques images et vidéos afin de témoigner de la violence des hommes de Mugabe.


CAPTURE DE KARADZIC

Autre nouvelle, la capture de Radovan Karadzic.
Karadzic était psychiatre et homme politique de la république de Serbie de Bosnie. Durant la guerre de Bosnie il est accusé de crimes de guerre et de génocide à deux reprises.

Il est le cerveau du massacre de Serbrenica ou près de 8000 personnes se sont fait exterminés dans des conditions atroces, femmes et enfants y compris.
Le Génocide de Serbrenica a eu lieu entre le 11 et le 16 juillet 1995 en Bosnie-Herzégovine sur les habitant Bosniaque et musulman.

A partir de 1996 un mandat d’arrêt international est délivré à son égard, Radovan Karadzic choisi la cavale, il change son apparence physique, il va même jusqu’à travailler dans une clinique privée. Mais bonne nouvelle ce 21 juillet 2008 il est arrêté en territoire serbe.
Espérons qu’il sera jugé à la hauteur de ses actes. Pourquoi ne pas faire un exemple ? Montrer à tous les petits dictateurs, tyrans et potentats locaux que l’impunité n’existe plus ! Qu’il y a toujours un jour où il faut assumer et payer ses actes ! Je me pose beaucoup de questions, et vous, quand pensez vous ?

Très bientôt un prochain article, nous sommes toujours à la recherche de jeunes plumes pour nous aider dans notre projet.
Je vous remercie de nous avoir lu.

Bertrand Vandeloise
bougeons@gmail.com

Article n°1 - Comprendre la tragédie du Darfour

INTRODUCTION
Pour ce premier article nous avons choisi de vous parler du Darfour car le sujet est trop souvent et injustement ignoré par les médias et beaucoup d’entre nous ne savent pas réellement ce qu’il se passe dans cette région de l’ouest du Soudan, de la taille de la France ou 5,5 millions de personnes habitent. Le Soudan est un des régimes les plus durs et les plus discriminatoires au monde. Le gouvernement du soudan est issu d'un coup d'état en 1989 par la force et donc complètement illégitime, représenté par seulement 10% de l'électorat. Ce pays est habité au centre et au nord par des tribus arabes musulmanes et au Sud par des tribus noires musulmanes, chrétiennes et animistes. Depuis 1983, Khartoun (capital du Soudan) a fait presque 2 millions de morts et plus de 400 000 déplacés dans une guerre contre le sud du pays. Début 2005 un traité de paix est enfin signé entre les rebelles du sud et le gouvernement.Mais alors, que se passe-t-il vraiment au Darfour? Quels sont les origines du conflit et qui en sont les auteurs? Quel futur pour cette région? Je vais tenter de répondre à ces questions.


QUE SE PASSE T IL AU DARFOUR?
Depuis février 2003 une guerre civile des plus atroces déchire le Darfour. Les régimes islamiques de Kartoum (capitale du soudan) envoient les tribus musulmanes « arabes » massacrer les tribus musulmanes « africaines ».Le gouvernement Soudanais engage des milices appelées Janjawids pour massacrer et faire fuir les musulmans africains de leur terre. Ces milices sont armées et payées par le gouvernement, elles sont également soutenues par des bombardements de l'armée soudanaise lorsqu'elles attaquent les villages. Les Janjawids (traduit par guerrier à cheval) attaquent les villages, les écoles, avec une violence inouïe, une violence et une cruauté digne des tribus les plus barbares du moyen-âge. Les Femmes sont battues puis violées, les hommes et les enfants sont déchiquetés à la machette, exécutés au fusil, ou même brûlés vif. Les villages, les écoles et les récoltes sont brûlés et bombardés. Les chiffres font peur, début avril 2008 l'ONU redéfinit le nombre de morts depuis 2003, un constat effrayant, plus de 300 000 morts en 5 ans, 230 000 réfugiés et 2,5 millions de déplacés.
Sur les 4 millions de personnes touchées par le conflit du Darfour, 1,8 millions sont des enfants et des jeunes de moins de 18 ans.
Sur les 28 jours que couvrent le mois de février 2008, les forces armées soudanaises et les milices Janjawids ont fait plus de 800 disparitions et de meurtres d’enfants de 12 à 18 ans lors d’attaques de villages. Actuellement, on compte plus de 10 000 morts par mois.


QU’ELLE EST L'ORIGINE DU CONFLIT ET QUI EN SONT LES AUTEURS?
Le Soudan a un gouvernement des plus xénophobe au monde.Les tribus arabes musulmanes n’hésitent pas à le crier haut et fort, ils veulent exterminer le peuple du DARFOUR également musulman mais NOIR. Voici la définition que j’ai lu dans le Petit Robert du mot « génocide » : un génocide est une destruction méthodique d'un groupe ethnique.
Pour beaucoup, le conflit du Darfour est le premier génocide du nouveau millénaire ; pour d’autres il s’agit d’une guerre civile. Certaines organisations ainsi que certaines personnalités politique n’hésitent pas à parler de nettoyage ethnique.Pourtant j’ai l’impression que le mot GENOCIDE reste encore tabou quand il s’agit du Darfour, pourquoi ? Autre cause, le Darfour est un territoire riche en pétrole et donc énormément convoité par le gouvernement qui refuse de partager ses richesses avec ce peuple qu'il dit inférieur.Ce peuple pauvre, déjà victime d'une crise alimentaire grave, n’a alors qu'une solution : se révolter.Mais le gouvernement ne l'entend pas de cette oreille et engage donc des milices afin de mettre fin à la rébellion de cette région. Il est très important de savoir que 8% de l'énergie utilisée par la CHINE provient du pétrole du Soudan.En échange, le gouvernement Chinois protège le gouvernement Soudanais et un bon nombre des petites armes des Janjawids proviennent de Chine.Pourtant le Soudan est principalement armé par la Russie : hélicoptères, kalachnikovs, avions MIG et autres armes de guerre servant à anéantir le Darfour ainsi qu'à renforcer l'armée soudanaise. Avec ces deux grandes nations dont les intérêts économiques sont énormes, le Soudan ne doit pas s'inquiéter et peu donc agir en toute liberté. Soyons clair, le gouvernement chinois et le gouvernement russe sont donc directement impliqués et pourraient mettre fin à ce conflit si l'humain passait avant les intérêts économiques. En résumé, on peut dire avec certitude que les crimes commis au Darfour sont des crimes RACISTE, qu'au 21 siècle un peuple est en train de se faire exterminer sans que personne ne lève le petit doigt.



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pppppppppppppppp ppppppppppppppppp QUEL AVENIR?
Les réfugiés du Darfour fuient vers le Tchad, frontière la plus proche. Les ONG et les aides humanitaires essayent tant bien que mal de faire leur boulot. Souvent avec des histoires et des témoignages qui nous donnent la chair de poule. Ces camps sont attaqués et le personnel humanitaire est continuellement harcelé. Les camps sont infestés de maladies, l’eau se fait rare et la malnutrition touche la plupart des habitants
. Le président du Tchad mis au pouvoir par le président Soudanais, ne soutient que très peu les camps de réfugiés. Si dans un avenir très proche nous ne nous mobilisons pas afin de faire cesser ce conflit, afin que le plus de personnes possible prennent conscience de ce qui se passe dans cette triste région, l'enfer continuera jusqu'à ce qu'il n'y ai plus d'habitant africain noir musulman au Soudan.












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J’espère avoir répondu à vos questions. N’hésitez pas à laisser vos opinions, vos avis ou vos questions en commentaire à cet article. Je vais à présent vous donner quelques témoignages recueillis dans les camps.



Témoignages

« L’attaque a eu lieu à l’aube. C’était en septembre 2003. Des Janjawids sont arrivés en grand nombre en chameau, à cheval et à bord de voitures.Quelques femmes arabes les accompagnaient, certaines à dos de chameau, d’autres sur des ânes. Les femmes ont pris part au pillage. Je dormais quand l’attaque a eu lieu. J’ai été emmenée par les assaillants, certains vêtus de kaki, d’autres en civil, en même temps que des dizaines d’autres filles. On nous a fait marcher pendant trois heures. Pendant la journée, ils nous ont battues et les Janjawid nous ont dit : « Vous, les femmes noires, on va vous exterminer ; vous n’avez pas de Dieu ». Ils nous ont emmenées à un endroit dans la brousse où les Janjawid nous ont violées plusieurs fois la nuit.Pendant trois jours, nous sommes restées sans nourriture et pratiquement sans eau. Au bout de trois jours, les Janjawid ont dû partir ailleurs et ils nous ont libérées. Ils nous ont dit : « La prochaine fois que nous viendrons, nous vous exterminerons tous, nous ne laisserons pas un seul enfant vivant. » (Témoignage d’une jeune femme de vingt ans, originaire du village de Dasa dans le Darfour, aujourd’hui réfugiée dans un camp de l’est du Tchad.)



« Je suis venue ici parce que l’avion a détruit ma maison. Mon mari a été blessé et je suis malade. Je suis venue chercher des médicaments auprès de MSF. Quand l’avion est arrivé, j’étais enceinte de cinq mois. J’ai perdu le bébé à cause du bombardement. Quand l’avion a bombardé ma maison, j’étais dehors et j’ai vu mon mari à l’intérieur. J’ai couru vers la maison, La fumée qui se dégageait de la bombe m’a fait tousser et puis j’ai perdu mon enfant. Je suis venue ici avec mon mari, il est rentré à Kornoy maintenant. Je suis venue ici il y a deux mois parce que je ne me sentais pas bien. J’ai encore mal dans tout le corps et j’ai toujours un gros ventre. » (Une réfugiée de Kornoy, aujourd’hui au Tchad)



«Quand les Janjawids sont arrivés, j'ai pris ma fille dans mes bras pour courir, une balle m'a atteint à la jambe droite et je ne pouvais plus courir vite, c'est à ce moment que ma fille Husna a été touchée
Le père d'une fillette de trois ans tuée à Bir Kedouas.



Témoignage de Samira, âgée de 40 ans, dans le centre de soins du camp situé à Darrech.
“Je viens d’un très petit village du nom de Tasha, en Sharia du Nord. Un matin très tôt, il y a un peu plus de deux ans, nous avons entendu des cris et des tirs venant de l’extérieur, devant notre tuku (maison). Nous avons regardé dehors et avons aperçu des hommes en uniforme de police montant chevaux et chameaux. Ils incendiaient des maisons. Mon mari est alors sorti, tenant notre fils de cinq ans, Walid, dans ses bras. Il a immédiatement été la cible de plusieurs tirs dont un toucha Walid à la jambe.” “J’étais terrorisée, mais mon fils était toujours vivant; je me suis alors précipitée pour le retirer des bras de son père mort. Puis, je me suis enfuie avec mes autres enfants. Le premier jour, nous sommes restés cachés dans les arbres. Nous étions conscients qu’il nous fallait continuer, mais nous ne savions pas où aller et Walid était blessé.” “Mes enfants ne savaient pas ce qu'il se passait et ne cessaient de poser des questions. La seule possibilité qui me paraissait envisageable était de marcher jusque Nyala pour y chercher de l’aide. Nous nous sommes donc mis en route. J’ai marché trois jours durant, avec deux bébés sur le dos et Walid dans les bras. Ma soeur nous accompagnait et s’occupait du reste des enfants. J’ai appris par la suite que des amis avaient enterré mon mari.” “Nous n’avions pas de nourriture et –pire encore- pas une goutte d’eau. Il était dur de continuer à marcher. Puis, des fermiers nous sont venus en aide. Je ne pleurais pas à ce moment-là. Mes yeux étaient secs et je ne ressentais rien. J’étais tout simplement épuisée.” “À notre arrivée ici, on nous a amené à l’hôpital. À présent, mon fils est infirme – mais nous sommes bien vivants.”Alors que Samira prononce ces derniers mots, des larmes commencent à couler sur ses joues.



«Un dimanche après l'attaque de Djawara, des filles sont allées ramasser du bois au ouadi quand elles sont tombées sur des Janjawids. L'une d'entre elles a pu s'enfuir pour donner l'alerte. À l'arrivée des parents et des villageois, les Janjawids ont tiré sur nous. Les quatre filles ont été violées. Les quatre filles sont âgées de treize, douze, dix et neuf ans. »
Un habitant de Djawara



VIDEOS
Voici deux vidéos pas spécialement récentes mais résumant bien la situation au darfour, je vous invites à les regarder elles ne durent que 2 minutes.

Tchad, le syndrome Darfour


Darfour

Voici le lieninternet des videos si vous avez du mal à les visualiser sur cette page:
video 1 http://www.dailymotion.com/video/x2bnl8_tchad-le-syndrome-darfour_politics
video 2 http://www.dailymotion.com/video/xy11g_darfour_news

Sources
Afin d’être le plus proche de la réalité possible, j’ai étudié le sujet, je me suis documenté, j’ai analysé de nombreuses sources.
Voici une partie de mes sources : Wikipedia, Association Sauver le darfour, Monde-diplomatique, Association Urgence darfour, Afrik.com, Liberation.fr, Amnesty international, ONU, France 2, Tv5 Monde, New york Times, Dailymotion, Unicef, Arte, Le Monde, tv France, MSF, Courrierinternational, ainsi que de nombreux documents et reportages trouver sur internet et ailleurs…


Article réalisé et écrit par Bertrand Vandeloise
bougeons@gmail.com

Article n°3 Biss - La crise alimentaire

Nous avons décidé de compléter l’article n°3 « La crise alimentaire » avec une carte des 37 pays ayant un besoin d’aide alimentaire urgent. (Source FAO)

En Vert : les pays souffrant d’une grave insécurité alimentaire.
En Orange : Les pays ayant un manque généralisé de produits alimentaires.
En Rouge : Les pays souffrant d’un déficit exceptionnel de produits alimentaires.



Nicaragua - Haïti - Rép. Dominicaine - Equateur - Bolivie - Guinée Bissau - Sierra Leone - Côte d’Ivoire - Ghana - Rép. Centrafricaine Congo - Tchad - Rép. Dém. Du Congo - Burundi - Kenya Ouganda - Ethiopie - Soudan - Chine - Tadjikistan - Vietnam - Bangladesh - Népal - Sri Lanka


Mauritanie - Sierra Leone – Libéria – Erythrée – Afghanistan - Corée du Nord - Timor Oriental


Irak – Moldavie – Somalie – Zimbabwe – Swaziland - Lesotho

Article n°4 - Le Tibet

Alors que les Jeux Olympiques débute en aout, nous avons décidé de nous arrêter cette fois sur la situation au Tibet, voici un résumé en quelques dates écrit par Christophe Paquay :

1949 La République Populaire de Chine, dirigée par Mao Zedong, envahi le Tibet, son pays voisin. L’armée chinoise, qui compte alors plusieurs centaines de milliers d’hommes, viendra à bout des tibétains en quelques jours à peine. La répression sera sanglante, tortures, emprisonnements, viols, … On compte depuis lors, 1.2 millions de morts au Tibet.





1950 Le gouvernement tibétain proclame dans l’urgence, Tenzin Gyatso, 16 ans, 14 ème Dalaï Lama du Tibet, c'est-à-dire le chef spirituel, la plus haute fonction du gouvernement. Il passe les neuf années qui suivent à la recherche d'une solution pacifique à la crise.



10 mars 1959 Le peuple tibétain opprimé depuis 10 ans se soulève contre l’occupation de son pays. Le Dalaï Lama est contraint de s’enfuir en Inde pour éviter l’arrestation et espérer pouvoir se faire entendre et « libérer » son peuple. Après une longue route de plusieurs centaines de kilomètres à travers les plus hautes montagnes du monde, il arrive à Dharamsala en Inde ou le gouvernement indien l’autorise à installer un gouvernement tibétain en exil. Il sera très vite rejoint par plusieurs centaines de milliers de tibétains fuillant la répression chinoise. Le gouvernement chinois octroyant des primes non négligeables aux chinois qui acceptent de venir s’installer en pays voisin, on compte actuellement au Tibet plus de chinois que de tibétains.Par ailleurs, outre la torture dans les prisons et le fait que celles-ci n'épargneraient pas les mineurs, les ONG font également état de « méthodes particulières » appliquées aux femmes tibétaines. D'après la Commission des droits de l'Homme, (rapport de 1999) les femmes tibétaines seraient stérilisées, obligées à avorter afin de pouvoir exterminer la population tibétaine et subiraient nombre de sévices : tortures, viols et agressions sexuelles : lacération des seins, matraques électriques enfoncées dans le vagin et l’anus … Aujourd’hui On compte toujours actuellement plusieurs centaines de prisonniers politiques, dont le jeune Panchen Lama, le chef politique du Tibet, non reconnu par le gouvernement de Pekin.
Ces prisonniers politiques sont régulièrement soumis aux travaux forcés. Ils subissent des lavages de cerveau, des tortures physiques et psychiques et des classes de rééducation. Suite à la destruction de 6000 monastères bouddhistes, on compte actuellement au Tibet plus de prisons que de monastères.La liberté de religion est sanctionnée et souvent plus sévèrement punie qu'un meurtre. Le drapeau du Tibet, tout comme les photos du Dalaï Lama, sont interdits, sous peine de prison. La langue tibétaine est interdite dans les écoles, et remplacée par la langue principale en Chine, le mandarin, ce qui implique que certaines générations de tibétains ne peuvent plus communiquer ensemble. Les Tibétains subissent une discrimination, notamment pour les emplois, de nombreux avantages étant donnés aux chinois. Nombre de jeunes tibétains se retrouvent donc désoeuvrés, sombrant dans l’alcool. Aujourd'hui, la répression, la volonté d'intimidation et l'étouffement de l'identité et de la culture tibétaines se poursuivent.




Article n°3 - La Crise Alimentaire



Cette fois, J’ai choisi de m’arrêter sur cette crise alimentaire qui touche le monde entier et qui est LE sujet au sommet de l’actualité pour l’instant. Elle a provoqué de lourdes émeutes ces dernières semaines, notamment en Haïti où le Premier ministre a démissionné, au Cameroun où les troubles sociaux ont causé plusieurs dizaines de morts. Des émeutes violentes ont déchiré également l’Egypte, le Niger, le Burkina Faso, l’Indonésie et les Philippines. En tout, il y a plus de 17 pays qui ont vécu ces dernières semaines de violentes manifestations à l’égard du problème d’alimentation. Qu’est ce que la crise alimentaire ?
Nous pourrions la définir en trois mots par « pénurie de l’alimentation », ou en quelques mots par » une flambée du prix de l’alimentation dans certains endroits ».
Pour vous donner quelques exemples récents, parmi les hausses de prix les plus spectaculaires, il faut citer le riz qui a augmenté de 75 % depuis février 2008 ainsi que le blé dont le prix a explosé de 120 % en 2007.
Dans beaucoup de pays pauvres, l’alimentation représente maintenant plus de 75 % du revenu d’une famille. La FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) a dressé une liste de 37 pays qui subissent une crise alimentaire inquiétante. J’entends, par « crise alimentaire inquiétante », des personnes ne sachant plus se nourrir, des régions où les habitants meurent de faim, des maladies dues à la malnutrition, des enfants squelettiques… et j’en passe.
Quelles sont les causes de la crise alimentaire ?
Les causes sont, bien entendu, multiples. Je vais vous citer les plus importantes :

- Les accidents climatiques qui engendrent de mauvaises récoltes : inondations, tempêtes etc.
- Le « biocarburant ». Qu’est- ce que c’est ? Un nouveau carburant produit à partir de matériaux organiques renouvelables, notamment le maïs et le colza. Le déséquilibre est parti du maïs car les Etats-Unis en ont sorti 138 millions de tonnes du marché alimentaire pour les injecter dans les biocarburants. Les Etats-Unis sont un des premiers producteurs de maïs au monde, mais on estime que 1/3 des récoltes annuelles qui servaient hier à l’alimentation humaine est aujourd’hui engloutie dans les réservoirs d’essence des voitures américaines. D’après certaines sources la quantité de maïs qui servirait à remplir le réservoir d’un 4x4 pourrait nourrir une personne adulte pendant 1 an.
- La hausse du prix de l’énergie qui a une répercussion sur le prix des transports, des engrais, de l’irrigation… et donc sur le prix de l’alimentation.
- La hausse de la population.- La hausse du pouvoir d’achat de certains pays qui commencent à se développer (Chine, Brésil, Inde…). La population consomme donc de plus en plus.



Le Futur ?
La FAO vient de l’annoncer, en 2050 nous serons 9 milliards sur terre et il faudra produire 2 fois plus de nourriture qu’actuellement. Est-ce possible ? Si oui, pourquoi n’y arrivons nous pas aujourd’hui avec 6 milliards de personnes sur terre ? D’ici 2050 des populations entières n’auront pas accès aux produits de base et une génération entière pourrait être sacrifiée. Au lieu de réduire la pauvreté dans le monde, nous sommes en train de l’aggraver rapidement! Il y a actuellement plus de 900 millions de personnes dans les pays pauvres qui sont concernées par la crise alimentaire. Alors quel avenir ? Alors quel avenir ?




Article réalisé et écrit par Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com

Article n°2 - La Birmanie

Introduction

La Birmanie (Myanmar) est le plus grand pays de l'Asie du Sud-est et compte plus de 50 millions d'habitants. En 1990, la Ligue nationale pour la démocratie, présidée par Madame Aung San Suu Kyi, remporta les élections libres avec plus de 80 % des voix, mais la junte militaire ne donna jamais le pouvoir à l'opposition. (Junte : gouvernement autoritaire, souvent militaire). Depuis, le pays est dirigé par un groupe de généraux, officiellement unis, mais en perpétuelle lutte interne pour le pouvoir. Aujourd'hui, la Birmanie est l'une des dictatures les plus dures au monde, dirigée par l’armée qui mène ce pays avec une « main de fer dans un gant d’acier ».
En septembre 2007, une augmentation brutale des produits de premières nécessités (vivres, essence…) provoque une série importante de manifestations, d'abord de moines, puis de l'opposition et de nombreux habitants des grandes villes. Les arrestations et la répression militaire commencent fin septembre 2007. Le pays est coupé du monde, les lignes téléphoniques sont inaccessibles et même internet est bloqué. Il n’y a pas de chiffre exact mais il semblerait que le nombre de tués se soit élevé à plusieurs centaines.

(image: le photographe de cette image a reçu le pris Pulitzer fin 2007. Sur cette image vous voyez un journaliste à terre venant de se faire tué par un militaire Birman. )

Ce Mardi 27 mai, la junte militaire a décidé de prolonger d’un an, ce qu’elle fait systématiquement à chaque date anniversaire, l’assignation à résidence du chef de l’opposition Birmane. Elle est ainsi, de fait, isolée du monde, empêchée de tout déplacement, rencontre et activité politique. Madame Aung San Suu Kyi (Prix Nobel de la paix) a passé dans cet isolement 12 des 18 dernières années pour son engagement et ses idées politiques.
Le 3 mai 2008, un cyclone appelé Nargis frappe la Birmanie. Nargis a dévasté le Sud-est du pays, tout le Delta de l'Irrawaddy (principal cours d'eau de la Birmanie) ainsi que le cordon commercial reliant l'intérieur du pays à l'océan.Selon le gouvernement Birman ce samedi 17 mai le cyclone aurait déjà fait plus de 78 000 morts et 56 000 disparus. Plus d’un million de personnes seraient actuellement sans abri, sans eau potable et sans nourriture. Chaque jour, des centaines de personnes meurent de froid, de faim ou par manque de soins. La situation s’aggrave malgré une grande mobilisation d'ONG et d'aides humanitaires.
Pourquoi?
Malgré l'horreur de ce drame, malgré le compte à rebours planant sur de nombreuses vies, le gouvernement birman refuse de laisser rentrer dans les zones sinistrées de nombreux convois de vivres, de médecins et d'autres aides. La junte militaire birmane est méfiante, paranoïaque et ne donne les visas et les laissés- passer qu’au compte gouttes.Le personnel humanitaire international, frustré, n’a d’autre choix que d’attendre les laissés- passer. Depuis seulement quelques jours les organisations humanitaires commencent à recevoir les autorisations pour occuper sur le terrain. D’après un rapport de l’ONU, prés d’un mois après le cyclone, environ 1,5 millions de birmans sur 2,4 millions touchés sont toujours dans le besoin, et n'ont encore reçu aucunne aide.

Pourquoi avoir attendu pour ouvrir les frontières?
Les humanitaires désiraient entrer dans le pays uniquement pour aider le peuple birman et pour sauver le plus de vies possible. Si le gouvernement birman a attendu plus de 3 semaines pour enfin accepter de les laisser rentrer ; nous pouvons donc logiquement nous demander si il est touché par le drame de son peuple.
La Junte birmane aurait- elle peur que certains pays tirent profit de la situation, ou peut être d’être dérangée dans ses projets ?
Vidéo
Voici une vidéo des émeutes de fin 2007 en Birmanie.
Article réalisé et écrit par Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com