Voici un petit résumé de mes dernières visites à Calais depuis la destruction de la fameuse « Jungle » des Afghans de Calais en septembre dernier. La situation n’a pas évolué, il ne reste que 300 ou 400 migrants à Calais, les autres s’étant dispersés sur la côte nord (Dunkerque, Loon-Plage, Ostende…) et même parfois à Paris. La situation de ces jeunes personnes est toujours aussi dégradante et pitoyable. Certain migrants trouvent refuge sous les ponts de Calais, d’autres se sont encore écartés du centre et sont donc la proie des passeurs qui peuvent sévirent encore plus facilement qu’avant. Toujours aucun passeur n’a été interpellé. En octobre dernier, 3 Afghans ont été renvoyés en Charter à destination de Kaboul.
J’ai rencontré de nouvelles personnes de nationalités différentes, dont un groupe d’Iraniens très sympathiques de mon âge (20-25 ans). Ils étaient tous universitaires en Iran et sont très cultivés et parfait bilingues.
« En Iran tu bois un verre d’alcool et tu risques 6 mois de prison, tu tiens la main de ta copine dans la rue et tu risques 2 mois de prison, tu manifestes contre le gouvernement ou le critique, tu risques ta vie. Nous voulons vivre et surtout être libre, mais chez nous c’est impossible ». Un des jeunes du groupe m’a montré une vidéo filmée d’un téléphone portable. Sur cette vidéo on peut voir la police attacher des étudiants les mains dans le dos puis les lancer du toit d’une école (environ 15-20 mètres de hauteur) ; apparemment ces jeunes universitaires manifestaient contre le gouvernement en place. Ces Iraniens avaient tellement peur des représailles, que même à Calais ils n’ont pas accepté que je les photographies… voici la réalité Iranienne.
Une autre rencontre m’a beaucoup touché, celle de Dawoud. Il a 20 ans et vient de Côte d’ivoire. J’étais entrain de parler avec quelques Iraniens et j’ai vu que Dawoud nous observait, c’était au moment de la distribution du repas par l’aide humanitaire, il y avait de nombreux migrants mais Dawoud était seul. Je suis allé vers lui pour lui lancer un « How Are you ? » et directement il m’a répondu très enthousiaste et avec un bon français « je vais bien et toi tu vas bien? ». J’ai vraiment senti la solitude chez Dawoud (le seul Ivoirien de Calais), nous avons longuement parlé, de religion, de lui, de moi, de la raison pour laquelle il était à Calais. Dawoud m’a expliqué que son pays est gouverné par un dictateur qui n’a pour seul but que de s’enrichir.
« Ma famille avait une station service dans laquelle nous travaillions tous. Un soir les rebelles sont arrivés au village, ils ont mit le feu à la station service, notre maison était collée à la station et mon grand frère n’a pas eu le temps de sortir. Il est mort dans les flammes. Le lendemain j’ai décidé que j’allais partir. Mais maintenant je ne sais plus quoi faire, ici je suis mal, j’ai froid et la police est très violente avec moi. J’ai déjà été arrêté 5 fois en une semaine, j’ai du aller dans une prison alors que je n’y avais jamais été de ma vie ; je ne comprends pas pourquoi je dois aller en prison. Mon petit frère voudrait lui aussi venir en Europe mais je lui ai déconseillé, on verra plus tard si je trouve un travail ».
J’ai également revu ces trois jeunes afghans que j’avais pu rencontrer le soir de leur arrivée. Ils étaient terrifiés, étaient arrivés seul d’Afghanistan à 9 ans, 10 ans et 12 ans. Je me demande vraiment comment le gouvernement français peut-il laisser des enfants aussi jeunes dans ces conditions inhumaines. A l’heure où je termine ce texte (17nov 19h57) j’apprends que les camps de loon plage et de Dunkerque viennent d’être complètement détruits, alors qu’il drache et que les températures ne dépassent pas 10 degrés. Mais, aujourd’hui, n’est ce pas la journée mondiale de lutte contre la misère?
FELICITATION Monsieur Besson, vous êtes un grand homme.
J’ai rencontré de nouvelles personnes de nationalités différentes, dont un groupe d’Iraniens très sympathiques de mon âge (20-25 ans). Ils étaient tous universitaires en Iran et sont très cultivés et parfait bilingues.
« En Iran tu bois un verre d’alcool et tu risques 6 mois de prison, tu tiens la main de ta copine dans la rue et tu risques 2 mois de prison, tu manifestes contre le gouvernement ou le critique, tu risques ta vie. Nous voulons vivre et surtout être libre, mais chez nous c’est impossible ». Un des jeunes du groupe m’a montré une vidéo filmée d’un téléphone portable. Sur cette vidéo on peut voir la police attacher des étudiants les mains dans le dos puis les lancer du toit d’une école (environ 15-20 mètres de hauteur) ; apparemment ces jeunes universitaires manifestaient contre le gouvernement en place. Ces Iraniens avaient tellement peur des représailles, que même à Calais ils n’ont pas accepté que je les photographies… voici la réalité Iranienne.
Une autre rencontre m’a beaucoup touché, celle de Dawoud. Il a 20 ans et vient de Côte d’ivoire. J’étais entrain de parler avec quelques Iraniens et j’ai vu que Dawoud nous observait, c’était au moment de la distribution du repas par l’aide humanitaire, il y avait de nombreux migrants mais Dawoud était seul. Je suis allé vers lui pour lui lancer un « How Are you ? » et directement il m’a répondu très enthousiaste et avec un bon français « je vais bien et toi tu vas bien? ». J’ai vraiment senti la solitude chez Dawoud (le seul Ivoirien de Calais), nous avons longuement parlé, de religion, de lui, de moi, de la raison pour laquelle il était à Calais. Dawoud m’a expliqué que son pays est gouverné par un dictateur qui n’a pour seul but que de s’enrichir.
« Ma famille avait une station service dans laquelle nous travaillions tous. Un soir les rebelles sont arrivés au village, ils ont mit le feu à la station service, notre maison était collée à la station et mon grand frère n’a pas eu le temps de sortir. Il est mort dans les flammes. Le lendemain j’ai décidé que j’allais partir. Mais maintenant je ne sais plus quoi faire, ici je suis mal, j’ai froid et la police est très violente avec moi. J’ai déjà été arrêté 5 fois en une semaine, j’ai du aller dans une prison alors que je n’y avais jamais été de ma vie ; je ne comprends pas pourquoi je dois aller en prison. Mon petit frère voudrait lui aussi venir en Europe mais je lui ai déconseillé, on verra plus tard si je trouve un travail ».
J’ai également revu ces trois jeunes afghans que j’avais pu rencontrer le soir de leur arrivée. Ils étaient terrifiés, étaient arrivés seul d’Afghanistan à 9 ans, 10 ans et 12 ans. Je me demande vraiment comment le gouvernement français peut-il laisser des enfants aussi jeunes dans ces conditions inhumaines. A l’heure où je termine ce texte (17nov 19h57) j’apprends que les camps de loon plage et de Dunkerque viennent d’être complètement détruits, alors qu’il drache et que les températures ne dépassent pas 10 degrés. Mais, aujourd’hui, n’est ce pas la journée mondiale de lutte contre la misère?
FELICITATION Monsieur Besson, vous êtes un grand homme.



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