Début du mois, Paviani a eu l'occasion de se rendre dans le centre de Bruxelles, un endroit que tous le monde connait. Voici le résumé ainsi que quelques photos de sa journée.
Après avoir lu dans les journaux que 350 sans-papiers étaient en grève de la faim dans un bâtiment de Fortis près de la gare du Nord, je décide d'y aller afin de me rendre compte de la situation. A l'entrée du bâtiment, ce qui sert de porte est fermé par une chaîne, il faut montrer patte blanche, une fois que j'ai décliné mes intentions la porte s'ouvre.Un responsable me reçoit et me fait visiter le bâtiment, là je rencontre les grévistes de la faim; pour la grand majorité ils proviennent du sous continent indien (Pakistan, Inde et Bangladesh), les autres sont originaire d'Afrique du Nord ou du Kurdistan. Ils sont réparti par étage et par chambre en fonction de leur pays d'origine, j'en compte entre 3 et 20 dans chaque bureau transformé en chambre d'infortune.
A l'intérieur du bâtiment tout semble bien organisé, il y à un responsable pour tout le bâtiment et 2 assistants, un responsable sécurité à chacun des 6 étages. Les chambres ont été plus ou moins nettoyées, par contre les sanitaires ont l'air en mauvais état. Par endroits des carreaux sont brisés, ont m'explique que des gens les ont attaqués en lançant des pierres...Je suis assez étonnés car ils parlent presque tous le français, ce qui semble démontrer qu'ils sont en Belgique depuis plusieurs années. Leurs revendication est simple, ils demandent des papiers car ils en ont marre de vivre en pleine illégalité et dans des conditions précaires. Ils me racontent tous plus ou moins la même histoire "Je suis en Belgique depuis 5 ou 6 ans et je travaillait dans une boulangerie, dans la construction ou dans l'horeca pour un salaire de misère." Par moment j'ai l'impression qu'ils sont eu un média training.
Quelques uns déambulent dans le couloir mais la grande majorité est sur son matelas en train d'essayer de dormir, des bouteilles d'eau sont entreposées dans toutes les chambres, pas de nourritures en vue. Certains ont l'air mal en point, le 100 est déjà venu en chercher plusieurs, ils me montrent leurs médicaments contre les douleurs à l'estomac et des prescriptions médicales.Ils m'expliquent qu'ils ont peur car ils sont parfois attaqués, par contre la police leur rend une visite quotidienne et les relations semblent bonnes. A travers la fenêtre j'aperçois que les sans papiers qui sont devant le bâtiment portent tous un gilet fluo, pour que la police puisse les reconnaître me dit-on. .
Ils ont l'air déterminés à lutter jusqu'au bout pour avoir leurs papiers.
Texte + Photos: Paviani



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