Vendredi passé, j’ai pu constater cette honte de mes propres yeux.
Nous avions fait connaissance avec une quinzaine de palestiniens qui logent dans les traditionnelles cabanes de palettes sur le quai le long du port.
Sur ce même quai résident également des soudanais, des somaliens, des érythréens et des égyptiens.
Ils nous ont d’abord invités à prendre le thé en guise de bienvenue, ensuite à partager leur repas. Khaled était occupé à cuire le poisson que des pécheurs leur avaient bien gentiment offert, tandis que Mohamed et un autre préparaient le riz. L’ambiance était détendue et nous discutions avec nos nouveaux amis, très heureux de nous recevoir, depuis plus de deux heures.
Quand le premier CRS arriva matraque à la main en courant, la plupart des palestiniens prirent leurs jambes à leur coup. Seuls les cuisiniers restèrent prés des cabanes.
En quelques secondes, une chasse aux migrants avait débuté.
Imaginez-vous un instant ; un CRS avec une matraque d’un mètre de long à la main entrain de courir après un gamin de 17 ans en criant « STOP BEN LADEN ».
De l’autre coté un CRS frappait dans le vide à quelques centimètres du nez d’un Soudanais effrayé en hurlant « ASSIS », comme on l’aurait fait avec un chien s’il avait volé un morceau de viande.
Après 15 minutes de cavales, les fameux CRS avaient arrêtés 3 personnes. De ces 3 personnes, ils en embarquèrent 2 que je revis 3heures plu tard rentrer à pied complètement épuisés. Ils avaient été déposés à plusieurs kilomètres de l’endroit.
Les CRS ne nous ont pas tout de suite remarqués, quand ils nous ont vus ils ont eu l’air d’hésiter un moment à venir nous interpellés mais ne l’ont pas fait.
Quand ils sont partis nous avons pu manger le repas ensemble, et nos amis palestiniens nous ont expliqué « C’est notre quotidien, ils viennent entre 2 et 4 fois par jours et presque chaque nuit, nous sommes épuisés car nous ne dormons presque plus. Nous ne comprenons pas pourquoi ils s’acharnent sur nous, s’ils venaient en ami ils seraient reçu avec le thé».
Je tiens absolument à préciser que ces jeunes n’avaient commis aucun délit, aucun crimes, aucun vole, rien !
Ils sont à Calais car ils rêvent d’un AVENIR meilleur, de fonder une famille, de trouver un travail, à des PROJETS de vie.
Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com


