Pourquoi ce site?
Nous aimons le foot, les sorties entre potes, un bon film à la télévision, les soldes de janvier… Tout ça est évidement important.
Mais n’est-il pas aussi essentiel d’avoir une opinion, d’essayer de comprendre, de défendre, de s’informer sur NOTRE monde ?
Nous avons la désagréable impression que beaucoup d’entre nous ne s’intéressent que peu à ce qu’il se passe sur notre planète.
Le but de ce site est tout simplement d’essayer d’informer NOTRE GENERATION sur des sujets que nous estimons majeurs et qui sont malheureusement TROP souvent peu évoqués par les médias.
Sans prétention, nous allons donc nous renseigner, travailler ensemble et rédiger de courts articles, des résumés, illustrés de photos et vidéos.
Nous nous adressons donc à notre génération en espérant vous intéresser et vous motiver à consacrer plus de temps à l’état de notre monde.
Au nom de toute l’équipe de « SECOUONS NOUS » je vous souhaite la bienvenue sur ce blog.
Bertrand Vandeloise
Philosophie de nos articles
Nous avons la prétention de relater objectivement les faits, nous n'avons pas la prétention d'être objectif dans nos opinions.
Nous serons systématiquement du coté de l'être humain.

les Migrants de Calais octobre/novembre 2009

Voici un petit résumé de mes dernières visites à Calais depuis la destruction de la fameuse « Jungle » des Afghans de Calais en septembre dernier. La situation n’a pas évolué, il ne reste que 300 ou 400 migrants à Calais, les autres s’étant dispersés sur la côte nord (Dunkerque, Loon-Plage, Ostende…) et même parfois à Paris. La situation de ces jeunes personnes est toujours aussi dégradante et pitoyable. Certain migrants trouvent refuge sous les ponts de Calais, d’autres se sont encore écartés du centre et sont donc la proie des passeurs qui peuvent sévirent encore plus facilement qu’avant. Toujours aucun passeur n’a été interpellé. En octobre dernier, 3 Afghans ont été renvoyés en Charter à destination de Kaboul.

J’ai rencontré de nouvelles personnes de nationalités différentes, dont un groupe d’Iraniens très sympathiques de mon âge (20-25 ans). Ils étaient tous universitaires en Iran et sont très cultivés et parfait bilingues.
« En Iran tu bois un verre d’alcool et tu risques 6 mois de prison, tu tiens la main de ta copine dans la rue et tu risques 2 mois de prison, tu manifestes contre le gouvernement ou le critique, tu risques ta vie. Nous voulons vivre et surtout être libre, mais chez nous c’est impossible ». Un des jeunes du groupe m’a montré une vidéo filmée d’un téléphone portable. Sur cette vidéo on peut voir la police attacher des étudiants les mains dans le dos puis les lancer du toit d’une école (environ 15-20 mètres de hauteur) ; apparemment ces jeunes universitaires manifestaient contre le gouvernement en place. Ces Iraniens avaient tellement peur des représailles, que même à Calais ils n’ont pas accepté que je les photographies… voici la réalité Iranienne.

Une autre rencontre m’a beaucoup touché, celle de Dawoud. Il a 20 ans et vient de Côte d’ivoire. J’étais entrain de parler avec quelques Iraniens et j’ai vu que Dawoud nous observait, c’était au moment de la distribution du repas par l’aide humanitaire, il y avait de nombreux migrants mais Dawoud était seul. Je suis allé vers lui pour lui lancer un « How Are you ? » et directement il m’a répondu très enthousiaste et avec un bon français « je vais bien et toi tu vas bien? ». J’ai vraiment senti la solitude chez Dawoud (le seul Ivoirien de Calais), nous avons longuement parlé, de religion, de lui, de moi, de la raison pour laquelle il était à Calais. Dawoud m’a expliqué que son pays est gouverné par un dictateur qui n’a pour seul but que de s’enrichir.
« Ma famille avait une station service dans laquelle nous travaillions tous. Un soir les rebelles sont arrivés au village, ils ont mit le feu à la station service, notre maison était collée à la station et mon grand frère n’a pas eu le temps de sortir. Il est mort dans les flammes. Le lendemain j’ai décidé que j’allais partir. Mais maintenant je ne sais plus quoi faire, ici je suis mal, j’ai froid et la police est très violente avec moi. J’ai déjà été arrêté 5 fois en une semaine, j’ai du aller dans une prison alors que je n’y avais jamais été de ma vie ; je ne comprends pas pourquoi je dois aller en prison. Mon petit frère voudrait lui aussi venir en Europe mais je lui ai déconseillé, on verra plus tard si je trouve un travail ».

J’ai également revu ces trois jeunes afghans que j’avais pu rencontrer le soir de leur arrivée. Ils étaient terrifiés, étaient arrivés seul d’Afghanistan à 9 ans, 10 ans et 12 ans. Je me demande vraiment comment le gouvernement français peut-il laisser des enfants aussi jeunes dans ces conditions inhumaines. A l’heure où je termine ce texte (17nov 19h57) j’apprends que les camps de loon plage et de Dunkerque viennent d’être complètement détruits, alors qu’il drache et que les températures ne dépassent pas 10 degrés. Mais, aujourd’hui, n’est ce pas la journée mondiale de lutte contre la misère?

FELICITATION Monsieur Besson, vous êtes un grand homme.

Destruction de la "jungle" de Calais - Migrants de Calais septembre 2009

Vous avez sans doute pu le voir ou l'entendre dans la presse ce mardi 21 septembre, la fameuse « jungle » de Calais à été détruite. Pour ceux qui l’ignorent, la « jungle » était le plus grand camp de migrants d'Europe, elle accueillait entre 300 et 800 Afghans selon les saisons.
C'est vrai, l'endroit était insalubre et des camps de ce genre ne devraient pas avoir leur place en Europe. Mais, à chaque fois que je m'y suis rendu, j'y ai trouvé beaucoup de chaleur humaine, une générosité et une envie de vivre que je n'ai vu nul part ailleurs. Le jour, les plus croyants se rendaient à la mosquée qu'ils avaient effigiée au milieu de la plaine. Certains s'essayaient au criquet, d'autres discutaient autour d'un thé et l'odeur du feu de bois parfumait les allées. La nuit, une seule idée, traverser la Manche pour rejoindre l'Angleterre.

Hier, je me suis rendu à Calais et la « jungle » des afghans a en effet été rasée. Les arbres, les cabanes, les fourrés, tout y est passé, il ne reste qu'un paysage lunaire où un bulldozer charge le dernier camion.

Le but de cette décision, prise par le gouvernement français, plus particulièrement par monsieur Besson Ministre de l'immigration, était apparemment d'arrêter les filières de passeurs. Besson a répété plusieurs fois que la cible n'était pas les migrants.
Je me demande pourquoi alors aucun passeur n'a été interpellé tandis que 273 migrants ont été arrêtés. Lors de ma visite à Calais j'ai pu poser quelques questions à un CRS qui m'a clairement dit qu'il ne connaissait pas la suite du programme et que de toute façon, il était impossible d'arrêter tous les migrants de Calais car il en arrivait tous les jours. Ce qui renforce ma théorie, le ministre de l'immigration n'a aucun plan, aucune solution, il voulait juste marquer le coup et donner l'impression que son dossier avance. En tant qu’européen, je me demande comment une personne aussi incompétente peut être placée à un tel poste. Sans vouloir lui jeter la pierre, je suis allé une dizaine de fois à Calais et j'ai l'impression de connaître son dossier deux fois mieux que lui.

Lors de cette journée, nous avons rencontré de nouveaux migrants, plusieurs Iraniens sont arrivés, obligés de fuir leur pays à cause de leurs idées politiques (élection Ahmadinejad). Nous avons également du rassurer et répondre aux questions de nombreux migrants palestiniens, égyptiens et africains qui s'inquiétaient sur leur sort.
A la fin de la journée, nous avons même rencontré un petit afghan de 9 ans qui venait d'arriver à Calais et qui avait l'air complètement perdu. Que répondre à un enfant de 9 ans qui vient de faire 8000 kilomètres à pied et qui demande pourquoi les européens ne l’aiment pas?

Je terminerai cet article par une autre question que je me pose souvent. « Quand nous aurons fini de vouloir trop nous enrichir et que la moitié de l'orient et de l'Afrique sera au porte de l'Europe car ils n'auront plus rien pour vivre, que ferons-nous?

Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com


Qu'est ce qu'un Migrant?


Les migrants ces indésirables universels
Petite video que j'ai trouvé très intéressante, à voir.

A deux pas de chez vous, le saviez-vous?

Début du mois, Paviani a eu l'occasion de se rendre dans le centre de Bruxelles, un endroit que tous le monde connait. Voici le résumé ainsi que quelques photos de sa journée.
Après avoir lu dans les journaux que 350 sans-papiers étaient en grève de la faim dans un bâtiment de Fortis près de la gare du Nord, je décide d'y aller afin de me rendre compte de la situation. A l'entrée du bâtiment, ce qui sert de porte est fermé par une chaîne, il faut montrer patte blanche, une fois que j'ai décliné mes intentions la porte s'ouvre.
Un responsable me reçoit et me fait visiter le bâtiment, là je rencontre les grévistes de la faim; pour la grand majorité ils proviennent du sous continent indien (Pakistan, Inde et Bangladesh), les autres sont originaire d'Afrique du Nord ou du Kurdistan. Ils sont réparti par étage et par chambre en fonction de leur pays d'origine, j'en compte entre 3 et 20 dans chaque bureau transformé en chambre d'infortune. A l'intérieur du bâtiment tout semble bien organisé, il y à un responsable pour tout le bâtiment et 2 assistants, un responsable sécurité à chacun des 6 étages. Les chambres ont été plus ou moins nettoyées, par contre les sanitaires ont l'air en mauvais état. Par endroits des carreaux sont brisés, ont m'explique que des gens les ont attaqués en lançant des pierres...
Je suis assez étonnés car ils parlent presque tous le français, ce qui semble démontrer qu'ils sont en Belgique depuis plusieurs années. Leurs revendication est simple, ils demandent des papiers car ils en ont marre de vivre en pleine illégalité et dans des conditions précaires. Ils me racontent tous plus ou moins la même histoire "Je suis en Belgique depuis 5 ou 6 ans et je travaillait dans une boulangerie, dans la construction ou dans l'horeca pour un salaire de misère." Par moment j'ai l'impression qu'ils sont eu un média training. Quelques uns déambulent dans le couloir mais la grande majorité est sur son matelas en train d'essayer de dormir, des bouteilles d'eau sont entreposées dans toutes les chambres, pas de nourritures en vue. Certains ont l'air mal en point, le 100 est déjà venu en chercher plusieurs, ils me montrent leurs médicaments contre les douleurs à l'estomac et des prescriptions médicales.
Ils m'expliquent qu'ils ont peur car ils sont parfois attaqués, par contre la police leur rend une visite quotidienne et les relations semblent bonnes. A travers la fenêtre j'aperçois que les sans papiers qui sont devant le bâtiment portent tous un gilet fluo, pour que la police puisse les reconnaître me dit-on. .
Ils ont l'air déterminés à lutter jusqu'au bout pour avoir leurs papiers.
Texte + Photos: Paviani