Pourquoi ce site?
Nous aimons le foot, les sorties entre potes, un bon film à la télévision, les soldes de janvier… Tout ça est évidement important.
Mais n’est-il pas aussi essentiel d’avoir une opinion, d’essayer de comprendre, de défendre, de s’informer sur NOTRE monde ?
Nous avons la désagréable impression que beaucoup d’entre nous ne s’intéressent que peu à ce qu’il se passe sur notre planète.
Le but de ce site est tout simplement d’essayer d’informer NOTRE GENERATION sur des sujets que nous estimons majeurs et qui sont malheureusement TROP souvent peu évoqués par les médias.
Sans prétention, nous allons donc nous renseigner, travailler ensemble et rédiger de courts articles, des résumés, illustrés de photos et vidéos.
Nous nous adressons donc à notre génération en espérant vous intéresser et vous motiver à consacrer plus de temps à l’état de notre monde.
Au nom de toute l’équipe de « SECOUONS NOUS » je vous souhaite la bienvenue sur ce blog.
Bertrand Vandeloise
Philosophie de nos articles
Nous avons la prétention de relater objectivement les faits, nous n'avons pas la prétention d'être objectif dans nos opinions.
Nous serons systématiquement du coté de l'être humain.

A deux pas de chez vous, le saviez-vous?

Début du mois, Paviani a eu l'occasion de se rendre dans le centre de Bruxelles, un endroit que tous le monde connait. Voici le résumé ainsi que quelques photos de sa journée.
Après avoir lu dans les journaux que 350 sans-papiers étaient en grève de la faim dans un bâtiment de Fortis près de la gare du Nord, je décide d'y aller afin de me rendre compte de la situation. A l'entrée du bâtiment, ce qui sert de porte est fermé par une chaîne, il faut montrer patte blanche, une fois que j'ai décliné mes intentions la porte s'ouvre.
Un responsable me reçoit et me fait visiter le bâtiment, là je rencontre les grévistes de la faim; pour la grand majorité ils proviennent du sous continent indien (Pakistan, Inde et Bangladesh), les autres sont originaire d'Afrique du Nord ou du Kurdistan. Ils sont réparti par étage et par chambre en fonction de leur pays d'origine, j'en compte entre 3 et 20 dans chaque bureau transformé en chambre d'infortune. A l'intérieur du bâtiment tout semble bien organisé, il y à un responsable pour tout le bâtiment et 2 assistants, un responsable sécurité à chacun des 6 étages. Les chambres ont été plus ou moins nettoyées, par contre les sanitaires ont l'air en mauvais état. Par endroits des carreaux sont brisés, ont m'explique que des gens les ont attaqués en lançant des pierres...
Je suis assez étonnés car ils parlent presque tous le français, ce qui semble démontrer qu'ils sont en Belgique depuis plusieurs années. Leurs revendication est simple, ils demandent des papiers car ils en ont marre de vivre en pleine illégalité et dans des conditions précaires. Ils me racontent tous plus ou moins la même histoire "Je suis en Belgique depuis 5 ou 6 ans et je travaillait dans une boulangerie, dans la construction ou dans l'horeca pour un salaire de misère." Par moment j'ai l'impression qu'ils sont eu un média training. Quelques uns déambulent dans le couloir mais la grande majorité est sur son matelas en train d'essayer de dormir, des bouteilles d'eau sont entreposées dans toutes les chambres, pas de nourritures en vue. Certains ont l'air mal en point, le 100 est déjà venu en chercher plusieurs, ils me montrent leurs médicaments contre les douleurs à l'estomac et des prescriptions médicales.
Ils m'expliquent qu'ils ont peur car ils sont parfois attaqués, par contre la police leur rend une visite quotidienne et les relations semblent bonnes. A travers la fenêtre j'aperçois que les sans papiers qui sont devant le bâtiment portent tous un gilet fluo, pour que la police puisse les reconnaître me dit-on. .
Ils ont l'air déterminés à lutter jusqu'au bout pour avoir leurs papiers.
Texte + Photos: Paviani

les CRS à Calais

On m’a souvent parlé du comportement des CRS envers les migrants de Calais.
Vendredi passé, j’ai pu constater cette honte de mes propres yeux.
Nous avions fait connaissance avec une quinzaine de palestiniens qui logent dans les traditionnelles cabanes de palettes sur le quai le long du port.
Sur ce même quai résident également des soudanais, des somaliens, des érythréens et des égyptiens.
Ils nous ont d’abord invités à prendre le thé en guise de bienvenue, ensuite à partager leur repas. Khaled était occupé à cuire le poisson que des pécheurs leur avaient bien gentiment offert, tandis que Mohamed et un autre préparaient le riz. L’ambiance était détendue et nous discutions avec nos nouveaux amis, très heureux de nous recevoir, depuis plus de deux heures.

Quand le premier CRS arriva matraque à la main en courant, la plupart des palestiniens prirent leurs jambes à leur coup. Seuls les cuisiniers restèrent prés des cabanes.
En quelques secondes, une chasse aux migrants avait débuté.
Imaginez-vous un instant ; un CRS avec une matraque d’un mètre de long à la main entrain de courir après un gamin de 17 ans en criant « STOP BEN LADEN ».
De l’autre coté un CRS frappait dans le vide à quelques centimètres du nez d’un Soudanais effrayé en hurlant « ASSIS », comme on l’aurait fait avec un chien s’il avait volé un morceau de viande.
Après 15 minutes de cavales, les fameux CRS avaient arrêtés 3 personnes. De ces 3 personnes, ils en embarquèrent 2 que je revis 3heures plu tard rentrer à pied complètement épuisés. Ils avaient été déposés à plusieurs kilomètres de l’endroit.
Les CRS ne nous ont pas tout de suite remarqués, quand ils nous ont vus ils ont eu l’air d’hésiter un moment à venir nous interpellés mais ne l’ont pas fait.
Quand ils sont partis nous avons pu manger le repas ensemble, et nos amis palestiniens nous ont expliqué « C’est notre quotidien, ils viennent entre 2 et 4 fois par jours et presque chaque nuit, nous sommes épuisés car nous ne dormons presque plus. Nous ne comprenons pas pourquoi ils s’acharnent sur nous, s’ils venaient en ami ils seraient reçu avec le thé».
Je tiens absolument à préciser que ces jeunes n’avaient commis aucun délit, aucun crimes, aucun vole, rien !
Ils sont à Calais car ils rêvent d’un AVENIR meilleur, de fonder une famille, de trouver un travail, à des PROJETS de vie.

Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com

Info Calais fin Avril 2009

Depuis plus d’un mois, je me rends régulièrement à Calais pour rencontrer les migrants, leur apporter un peu de chaleur et mieux comprendre leur situation.

A chaque fois j’ai des surprises, parfois agréables, souvent décevantes.

Je me suis lié d’amitié avec plusieurs personnes; le petit groupe de jeunes Afghans rencontrés lors de ma première journée, un Égyptiens aussi, beaucoup d’autres liens se sont créés. Je suis toujours accueilli avec une gentillesse incroyable, invité à boire le thé, parfois à manger avec eux.

Dans le lot de mauvaises surprises, il y a la destruction des terrains et cabanes de migrants par les forces de l’ordre. Je peux également évoquer la présence d’un chef et de nombreux passeurs dans la « jungle » des Afghans, ils détestent notre présence et nous le font savoir. Ils nous ont entre-autre menacés et surtout agressé nos amis afghans.

Il y a toujours entre 800 et 1000 migrants à Calais, Afghans, Érythréens, Somaliens, Irakiens et Soudanais pour la plupart. A chacun de mes voyages, je pars avec une dizaine de grands sacs remplis de vêtements et couvertures. Ils leur permettent de se tenir au chaud d’abord, mais aussi, et c’est très important, de leur apporter un soutien et une chaleur humaine dont ils ont grandement besoin.

Mardi 21 Avril, le gouvernement français à lancé une vaste opération avec plus de 300 CRS. 196 arrestations ! Un périmètre de sécurité avait été déployé autour de la « Jungle » l’endroit ou vivent entre 3 et 400 Afghans. Il était interdit à la presse de prendre des photos et de filmer (je me demande pourquoi). Deux jours plus tard, plusieurs mesures ont été prises par le ministre français de l’immigration, Eric Besson. Notamment, la destruction totale avant la fin de cette année de l’endroit nommé « Jungle »; renforcer le nombre de CRS, augmenter le nombre d’interpellations, créer un dispositif mobile d’information sur l’aide au retour, ouvrir un point de distribution de repas, (géré par les associations), un point sanitaire, avec des douches, situés à la périphérie de la ville et un point pour les personnes vulnérables situé à plus de dix kilomètres du centre ville.

Je n’ai pas eu besoin d’aller à Calais plus d’une fois pour comprendre que les migrants n’avaient qu’une idée en tête : rejoindre l’Angleterre ! Que détruire un camp ne ferait en rien reculer leur détermination. J’estime que les mesures prises par Monsieur Besson ne poursuivent qu’un seul but : Qu’ils aillent ailleurs ! Ça ne réglera pas le problème des migrants, celui de la France non plus. On est loin d’une réelle volonté de politique européenne ! On à fait un grand pas dans la déshumanisation !

Pouvait-on attendre autre chose de ce gouvernement ? Je vous rappelle que c’est déjà son patron, le Président Sarkozi, alors ministre de l’intérieur qui a fait fermer le centre de Sangatte géré par la Croix Rouge.

Si vous avez des vêtements hommes (jeans, t-shirts, vestes, baskets), des couvertures, des bâches, des tentes, des conserves, des produits d’hygiènes, des bougies… Je me ferai un plaisir de les distribuer aux migrants. Ils ont besoin de notre soutien.

« Je rêve d’un monde ou je pourrai accueillir ces gens légalement chez moi de la même façon qu’ils m’accueillent dans leur camp ».

Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com

Article N°9 - Récit de ma première journée avec les migrants de Calais

Il est 7 heures, le jeudi 26 mars 2009, je prends la route pour Calais !
Ca fait longtemps que je désire m’y rendre. Je suis assez excité à l’idée de découvrir par moi-même la situation des « migrants de Calais » (Lire l’article « à deux heures de chez moi »). J’espère pouvoir mieux comprendre et me faire ma propre opinion sur ce qu’il s’y passe.
Je vous avoue, que sur la route, je ressens une certaine crainte, peut-être celle d’être confronté à la réalité calaisienne.
J’ai d’abord rendez-vous à Lille avec Cédric Domenjou (auteur du livre « Tomorrow England », un livre que je vous conseille si vous désirez mieux comprendre la situation des migrants dans le nord de la France et du site
http://noborders.over-blog.org/ destiné aux migrants) ainsi qu’avec Romain, un ami à lui. Nous passerons la journée ensemble !Il nous reste environ 15 km avant d’arriver sur place, quand nous croisons 7 ou 8 migrants longeant l’autoroute en direction de Calais; peut être arrivent-ils de leur pays ou peut être sont-ils montés dans un mauvais camion.
Arrivés à Calais, nous entrons directement dans un grand terrain vague où nous rencontrons un petit groupe de Tadjik (Le Tadjikistan est un pays d'Asie centrale. Il a des frontières avec l'Afghanistan, la Chine, le Kirghizstan et l'Ouzbékistan. C'est le seul État issu de l'ancienne Asie centrale soviétique à ne pas parler une langue turque, mais une langue iranienne, le tadjik.), nous discutons quelques minutes et très vite nous retournons prés de la voiture afin de leur donner des chaussures et des couvertures récoltées grâce au site.
Il est midi nous partons vers un lieu de distribution dans le centre ville où une grosse centaine d’Erythréens et afghans attendent à manger (différentes associations font midis et soirs des distributions de nourriture à Calais). Très vite nous repartons vers la Jungle (jungle : c’est le nom donné à l’endroit où les migrants vivent, parfois des bois, parfois des dunes, parfois juste un terrain vague). Nous arrivons dans un petit village fait de cabanes en palettes habitées par les Afghans Pachtoun (Groupe ethnique dominant de l'Afghanistan). Il doit bien y avoir 3 à 400 personnes qui résident dans ce lieu. Les conditions de vie y sont plus que précaires. Au centre, ils ont même construit une mosquée (lieu de culte pour les musulmans) en palette avec de grandes bâches bleues, entourées de petites fleurs. Nous sommes très vite accueillis et invités à boire le thé par 4 jeunes.
Après avoir enlevé nos chaussures, nous rentrons dans leur cabane qui doit faire 2,5 m de long par 1,5m de large et sur 1,2m de haut, le moindre petit trou est colmaté, il n’y a presque pas de courant d’air.
Il y a Mokhtar ,15 ans, Abdullahman qui vient d’avoir 17 ans, Hedayat qui a seulement 12 ans et un quatrième qui doit avoir 12 ou 13 ans.
Hedayat me fascine, il a encore l’innocence de l’enfance, il rit beaucoup, le genre de petit gars simple comme j’aime en rencontrer, qui n’attend pas que la vie lui fasse un cadeau pour sourire, qui ne demande qu’à vivre, rempli d’espoir de gentillesse et d’optimisme.Il a fait la route caché sous des camions jusqu’à Calais où il vit depuis 3 semaines.
Il nous raconte qu’il s’est fait arrêter il y a trois jours et que les CRS ont été dure avec lui mais qu’il ne s’est pas laissé faire. Il rajoute même en rigolant, car il sait que c’est ironique : « si vous me touchez encore je téléphone à l’UNICEF ».
Mokhtar qui nous serre un thé au lait (vraiment délicieux d’ailleurs), parle bien anglais, il a beaucoup d’humour et d’hospitalité. Il est un peu plus grand de taille et a l’air enchanté d’avoir des invités. Il me demande si la Belgique est belle, et me confie, les yeux remplis d’espoir, « J’aimerais venir en vacances en Belgique, plus tard, quand j’habiterai et travaillerai en Angleterre ».
Abdullahman, qui n’arrête pas de faire rire les autres en disant des bêtises, nous explique qu’il a été arrêté quelques jours auparavant lors d’une altercation avec les migrants africains et qu’il a un peu peur d’être renvoyé en Afghanistan la prochaine fois. Le dernier jeune ne parle presque pas, il vient d’arriver à Calais, les autres nous racontent qu’il a traversé la mer entre la Turquie et la Grèce sur un bateau gonflable, qu’ils étaient plusieurs et que le bateau à crevé. Ils ont été repêchés par les gardes côtes Grecs.
Nous restons assez longtemps avec eux à discuter et à rire. Je suis profondément touché par leur accueil et par leur histoire, une vrai leçon de vie ces petits gars là.
Avant de partir nous leur offrons des couvertures et des vêtements récoltés sur le site www.secouonsnous.com.
Nous décidons de visiter le camp, Mokhtar nous servira de guide. Nous nous baladons donc entre les cabanes des migrants, certains viennent nous parler, d’autres nous invitent à boire le thé, d’autres encore sont étonnés de nous voir ici. Nous nous arrêtons plusieurs fois pour discuter, un groupe nous invite même à manger avec une telle gentillesse qu’il nous est impossible de refuser.
Nous nous retrouvons ainsi dans la fameuse « JUNGLE » réputée dangereuse par la presse et par certaines personnes, à partager un poulet avec 5 ou 6 Afghans ainsi que notre hôte Mokhtar. Nous sommes un peu mal à l’aise de consommer le peu de nourriture qu’ils ont mais ils ont l’air très heureux de partager leur repas.Après les avoir remercié 100 fois, nous partons dans l’autre « JUNGLE », où vivent les Hazaras (les Hazaras sont un peuple d'origine
mongole parlant persan vivant dans le centre de l'Afghanistan). Nous discutons tranquillement le long d’un terrain de football avec quelques uns quand arrive un groupe de 3 ou 4 personnes, le visage caché, bien habillés et bien propres.
Le groupe s’arrête de parler, et n’a plus l’air très à l’aise, l’ambiance devient tendue tandis que l’un des gars questionne Mokhtar qui tente de justifier notre présence. Il explique que nous ne sommes pas journalistes, ni de la police, que nous sommes juste étudiants.
Un autre me fixe depuis quelques instants avec insistance.
A peine reparti, Mokhtar nous indique qu’il s’agit de passeurs.

Une demi-heure plus tard nous partons vers le squat des Erythréens. Une grande partie des africains vivent dans un grand bâtiment désaffecté. Le bâtiment est gardé et nous ne pourrons malheureusement pas rentrer. Nous devrons attendre la distribution de nourriture du soir, dans le port, pour avoir quelques contacts avec eux.
Quelques-uns vivent dans de petites cabanes de fortune le long du port, géographiquement, juste devant le « départ des bateaux » pour l’Angleterre. Nous leur offrons nos derniers vêtements, ils sont très contents même s’il ne nous reste plus grand-chose. Je parle pendant quelques minutes avec un jeunes Erythréen de 22 ans calme et très gentil. Il m’explique avoir quitté l’Erythrée, traversé le Soudan et la Libye à pied, puis la méditerranée dans une embarcation de fortune : « Je veux absolument rejoindre l’Angleterre, mes deux frères y vivent déjà et y sont heureux ».
21h, « Good luck for England my friends »
Je rentre en Belgique, 2 grosses heures de route, du temps pour faire le point sur cette journée. Je n’étais pas dans un camp de réfugiés au Tchad ou au Congo mais bien à CALAIS en FRANCE à quelques dizaines de kilomètres de la Belgique.
J’ai passé une très bonne journée avec des personnes pleines de force et de courage, des personnes souvent plus jeunes que moi, qui ont envie de vivre, envie de liberté, qui ont cru en notre Europe. Sur le chemin du retour je me sens complètement choqué, je ressens beaucoup de colère, de révolte. Je ne suis pas d’accord avec cette Europe ! La politique d’accueil, d’accord, on peut en discuter mais le manque d’humanité, jamais !
Je voudrais remercier Cédric et Romain pour cette journée et pour leurs précieuses explications, Mokhtar pour la visite du camp et pour son hospitalité, également Hedayat et les autres jeunes du camp pour la leçon de vie et de courage qu’ils m’ont donnée.
Un très grand merci aussi aux gens généreux qui m’ont permis d’offrir des couvertures et des vêtements chauds aux « migrants de Calais ».
Inutile de vous préciser que je compte y retourner très vite, et que j’ai besoin de vêtements chauds (pour homme : vestes, pulls, jeans, chaussures) et de couvertures, tentes et sacs de couchages.
Faites passer le message !
Si vous désirez vous impliquer d’une façon ou d’une autre, contactez-moi!
ILS COMPTENT SUR NOUS !!!!
Bertrand Vandeloise bougeons@gmail.com